Le régulateur britannique de la sécurité en ligne, l’Ofcom, annonce l’ouverture d’une « enquête formelle » ciblant le réseau social X (ex-Twitter). Au cœur de cette procédure se trouve l’assistant d’intelligence artificielle Grok, accusé de dénuder des femmes. Les autorités s’inquiètent de signalements rapportant la génération d’images d’abus sexuels sur mineurs et de nus non consentis impliquant des personnes réelles.

Grok Logo

La polémique a éclaté suite à la capacité de Grok à déshabiller numériquement des individus à partir de simples photos. Face au tollé mondial, la plateforme a restreint vendredi l’accès à la création d’images pour les utilisateurs gratuits, affichant un message incitant à s’abonner pour débloquer l’option. Cette réaction a provoqué l’ire du gouvernement britannique.

Un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a qualifié cette décision d’« insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles ». Selon le Royaume-Uni, cette mesure ne résout rien et se contente de transformer « une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium ». Cette indignation fait écho aux sanctions prises en Asie, où l’Indonésie et la Malaisie ont purement et simplement suspendu l’accès à l’assistant ce week-end.

X risque une amende de 10 % de son chiffre d’affaires mondial

L’Ofcom cherche désormais à déterminer si l’entreprise a failli à ses obligations légales de protection. Le cahier des charges impose aux plateformes d’évaluer les risques pour les enfants britanniques, de mesurer la probabilité d’exposition à des contenus illicites et surtout de les supprimer rapidement. Le régulateur confirme avoir interrogé X la semaine dernière et reçu une réponse dans les délais, sans en dévoiler le contenu.

Les enjeux financiers et opérationnels sont colossaux pour la société d’Elon Musk. Si les manquements sont avérés, l’autorité de régulation dispose d’un arsenal coercitif puissant : elle peut infliger des amendes atteignant 10 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise. Dans le scénario le plus sévère, l’Ofcom a également le pouvoir de saisir la justice pour ordonner le blocage complet du site au Royaume-Uni.