Le président américain veut pousser les majors à investir 100 milliards de dollars au Venezuela, et met la pression sur la major américaine. Les compagnies rechignent à s’engager dans un pays encore très instable.

Ira? Ira pas? Pour Darren Woods, le président exécutif d’Exxon, la réponse est non. Non à un nouvel investissement dans l’exploitation pétrolière au Venezuela. Un affront pour Donald Trump qui demande instamment aux compagnies pétrolières américaines d’investir 100 milliards de dollars dans le pays.

«Nos actifs ont déjà été saisis deux fois là-bas et donc, vous pouvez imaginer que d’importants changements sont nécessaires par rapport à ce que nous avons vécu historiquement et à la situation actuelle avant qu’on y retourne une troisième fois», a expliqué Darren Woods. Une réponse qui n’a pas du tout plu à Donald Trump : «Je n’ai pas aimé la réponse d’Exxon…. Je serai probablement tenté de mettre Exxon à l’écart. Je n’ai pas aimé leur réponse. Ils la jouent trop gentiment», a-t-il déclaré à la presse américaine lors d’un trajet dans son avion Air Force One dimanche.


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Le ton est donné. Les rencontres entre Donald Trump et les patrons des majors américaines ne sont pas des consultations, mais plutôt des ordres de mission. La réticence des compagnies est néanmoins tout à fait entendable. La situation au Venezuela est loin d’être stabilisée. Seul Chevron y dispose encore d’une licence américaine pour exploiter des hydrocarbures. Les autres entreprises occidentales se sont vues retirer leurs autorisations l’année dernière, par les États-Unis. Seuls les Chinois ont maintenu leur présence.

Une entreprise est néanmoins prête à répondre à l’appel, mais elle est française et fait figure de Petit Poucet. «Nous espérons un retour à la situation d’avant mai 2025 », confiait au Figaro dès lundi 5 janvier, Olivier de Langavant, PDG de Maurel & Prom. En fin connaisseur, il ajoutait que « les majors américaines ne sont peut-être pas pressées de se relancer dans le pays ».