Par
Paul Varenguin
Publié le
13 janv. 2026 à 0h10
Alors que le traité entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est adopté, les agriculteurs comptent se mobiliser encore plus fermement.
Eux qui s’étaient déjà mobilisés en mai et décembre 2025 comptent remettre le couvert dès ce mardi 13 janvier 2026, et organiser des actions pour « mettre la pression sur le gouvernement« . Les membres de la FDSEA de Seine-et-Marne vont prendre la route en direction de Paris dès ce matin.
Raisons d’une colère
Divers sujets font réagir les agriculteurs depuis plusieurs semaines, et, pour eux, la situation n’évolue pas assez vite. Alors ils décident de se mobiliser. « Nous dénonçons l’absence de vision agricole européenne comme française, mais aussi la perte d’une souveraineté agricole », développait, la semaine passée, Pascal Verrièle, le secrétaire général de la FDSEA77.
D’autres revendications concernent le traité de libre-échange à venir entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. « Deux ans après les manifestations historiques de janvier 2024, les agriculteurs du réseau FNSEA/JA rebattent le pavé dans toute la France depuis décembre car le compte n’y est toujours pas malgré les promesses des quatre gouvernements qui se sont succédés et le vote d’une loi dont les décrets d’application tardent à sortir », indique ainsi le principal syndicat de la profession, la FNSEA, pour expliquer sa marche sur Paris, organisée ce mardi 13 janvier. « La production agricole de la ferme France décline depuis vingt ans sous le poids des normes et du commerce déloyal. L’accord du Mercosur est un exemple criant. La conséquence est simple : notre souveraineté alimentaire est aujourd’hui en danger », poursuit-on.
Du côté de la Confédération paysanne aussi, le ton monte d’un cran. Dans le viseur, ses membres ont également le traité avec le Mercosur. « La France dit s’y opposer, mais dans le même temps, ce n’est pas clair. Le gouvernement n’est pas virulent pour défendre son opposition… », soupire Pauline Isambert, membre du comité Île-de-France du syndicat, et productrice à Liverdy-en-Brie.
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Ce qui est craint, c’est l’arrivée de produits présentant des normes sanitaires moins sévères, « issus d’une agriculture chimique au détriment des ouvriers agricoles, moins bien payés, et travaillant dans des conditions qu’on n’accepterait pas en France », comme elle le développe. Si une concurrence existe déjà entre États et entre producteurs, elle craint que la situation n’empire avec cet accord de libre-échange.
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La Confédération paysanne compte aussi renforcer son action au vu de la situation que rencontrent les éleveurs de la moitié sud du pays, alors que leurs élevages sont frappés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et voient leurs cheptels décimés. « Le gouvernement doit se bouger. Cela fait 6 mois que nous réclamons des vaccins, qui arrivent timidement. Il faut arrêter ces abattages massifs. Être éleveur, ce n’est pas seulement élever et emmener à l’abattoir, c’est aussi être attaché à ses bêtes, travailler énormément et ne pas être payé décemment. Et reconstituer un troupeau, ça prend du temps « , cible-t-elle.
Quelles mobilisations ?
Dans le détail, plusieurs actions étaient prévues sur l’ensemble du département au cours de l’après-midi du 6 janvier par les agriculteurs de la FDSEA77. Néanmoins, en raison des chutes de neige qui ont perturbé le département, ces mobilisations ont été annulées « en responsabilité » quelques heures plus tôt.
Et ce mardi 13 janvier, la colère est si forte que les agriculteurs des JA77 et de la FDSEA77 se réuniront à 4h du matin devant les gares de péage de Coutevroult, sur l’A4, de Saint-Germain-Laxis, sur l’A5, et d’Ury, sur l’A6. Ils prendront ensuite la route de Paris, pour se retrouver sur les coups de 6h30 sur la place de la Concorde. « On ne sait pas combien de temps on y restera« , prévient déjà Pascal Verrièle, anticipant une potentielle longue mobilisation.
De son côté, la Confédération paysanne compte aussi poursuivre le mouvement, et même le durcir, rien n’est encore acté quant au lieu et à la date des actions. Ce qui est davantage certain, en revanche, c’est que la détermination des membres de chacun des deux syndicats semble être ferme.
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