Par

Lucas Lallemand

Publié le

12 janv. 2026 à 18h42
; mis à jour le 12 janv. 2026 à 21h08

La candidate LFI à la mairie de Lyon pour les municipales 2026, Anaïs Belouassa Chérifi, n’en revient pas : « Voilà ce que signifie être une femme tête de liste : subir le sexisme et la misogynie de l’entourage le plus proche d’Aulas ».

En campagne aux côtés du coordinateur de la France Insoumise Manuel Bompard, dimanche 11 janvier sur le marché de la Croix-Rousse, dans le 4e arrondissement de Lyon, elle a été interpellée par un personnage bien connu à Lyon pour ses positions parfois provocatrices, Christophe Cédat, qui fait campagne  avec l’équipe de Jean-Michel Aulas. Son épouse, Laure Cédat, est tête de liste dans le 1er arrondissement.

La candidate a reçu le soutien de plusieurs figures de LFI mais aussi de membres de la campagne de l’union de la gauche autour de Grégory Doucet, le maire écologiste ou Bruno Bernard. Le parti Les Ecologistes de Lyon a aussi condamné.

« Moi, je suis masculiniste »

« Je veux bien qu’on n’utilise pas le physique mais sur votre tract, en premier, c’est quand même le physique qui apparaît, plus que les idées », lui lance Christophe Cedat, avant d’affirmer : « moi je suis masculiniste ».

Dans l’entourage de la candidate LFIste, c’est la « consternation » qui règne. « Dans notre document, nous mettons en avant trois mesures concrètes pour le droit des femmes. Anaïs est prise en défaut de légitimité, elle est attaquée sur son physique et doit toujours prouver plus que les autres. Mais c’est à l’image de ce que vivent de nombreuses femmes dans la société française. »

« Qui pense vraiment que j’ai dit ça au premier degré ? »

Du côté de l’équipe de campagne de Jean-Michel Aulas, on botte en touche. « Quel est le rapport avec notre candidat ? Il ne se désolidarise pas, mais il n’y aucun lien avec lui. Je ne sais même pas pourquoi on nous pose la question », balaye un proche de l’ancien président de l’OL.

Joint par téléphone en début de soirée, Christophe Cédat se dit abasourdi par l’ampleur de la polémique. « Qui pense vraiment que j’ai dit ça au premier degré ? Tout le monde me connaît à Lyon : je suis un fervent défenseur de l’esprit Charlie. C’était évidemment dit sur le ton de l’humour ! »

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Grégory Doucet « attend une condamnation ferme » d’Aulas

Le maire de Lyon et candidat à sa réélection a aussi réagi dans un communiqué en condamnant les propos de Christophe Cédat. « J’apporte tout mon soutien à Anaïs Belouassa, victime de propos sexistes de la part de proches de la campagne de Jean-Michel Aulas. Ces injures d’un autre âge n’ont leur place ni a Lyon, ni ailleurs », peut-on lire dans un communiqué.

Le masculinisme tue. S’en revendiquer n’est pas une bravade. C’est une faute politique et humaine grave. J’attends du candidat Aulas une condamnation extrêmement ferme et sans équivoque des propos tenus par ses soutiens ; se taire, c’est cautionner.

Grégory Doucet

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