Pour la quatrième fois en autant d’éditions, l’équipe de France a remporté ce dimanche le tournoi de France, organisé à l’Arena Paris La Défense. Cette fois, c’est en battant l’Islande dans un match indécis jusqu’à la dernière seconde (31-29) que les hommes de Guillaume Gille se sont offerts le trophée, avant d’assister à l’entrée au Hall of Fame de plusieurs de leurs glorieux prédécesseurs. La suite du programme pour les Bleus, désormais : l’EHF EURO 2026, qu’ils entameront jeudi prochain à Oslo, face à la République Tchèque (18h).

Equipe de départ : Toujours convalescent de sa blessure à la cuisse, Nédim Rémili assiste à ce deuxième match de préparation depuis les tribunes, tout comme le gardien Valentin Kieffer. Celui-ci n’est pas aligné par Guillaume Gille, remplacé par le pivot Arthur Lenne, absent vendredi face à l’Autriche. Le sélectionneur choisir d’aligner le sept de départ suivant : Charles Bolzinger, Hugo Descat, Elohim Prandi, Ludovic Fabregas (cap), Karl Konan (avec Aymeric Minne), Dika Mem, Yanis Lenne.

Une entame de travers

C’est vêtus de leur nouveau maillot blanc que les joueurs de l’équipe de France font leur entrée sur le parquet de l’Arena Paris La Défense qui n’est pas loin d’afficher complet en ce dimanche après-midi. Ce sont les Islandais qui donnent le coup d’envoi, et ils trouvent la solution immédiatement par Bjarki Mar Elisson, qui ouvre la marque. Sur une passe d’Elohim Prandi, Ludovic Fabregas lui répond du tac-au-tac. Le pivot a même l’occasion de doubler la mise sur une situation similaire, mais Gustavsson l’empêche. Charles Bolzinger n’est pas en reste face à Vidarsson, confirmant que les deux gardiens sont parfaitement entrés dans leur rencontre. C’est Fabregas qui met un terme à trois minutes sans but, sur une belle passe de Dika Mem, pour mettre les Tricolores devant pour la première fois de l’après-midi (2-1, 5′). Ridkhardsson profite d’une étourderie de Hugo Descat pour venir marquer en deuxième pivot, avant que Kristjansson ne capitalise sur un nouvel arrêt de Gustvsson face à Mem. Le portier adverse met une nouvelle fois en échec le gaucher français et l’Islande passe deux buts devant dans la foulée. La défense scandinave semble avoir clairement ciblé Dika Mem, qui perd le ballon en essayant de trouver Fabregas. Les choses vont de mal en pis, Minne écope de deux minutes et, dans a foulée, l’Islande prend quatre buts d’avance. Il faut un but de Thibaud Briet, fraichement entré en jeu, pour que les choses repartent dans le bon sens (3-6, 10). A un de moins, la défense française ne peut pas empêcher le décalage vers Rikhardsson, qui marque le septième but islandais. Mais Elohim Prandi, tout en puissance, veille au grain et trompe le portier adverse. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Aymeric Minne double la mise sur l’attaque suivante. La défense française semble avoir enfin trouvé la bonne carburation et met en échec plusieurs fois de suite ses adversaires. Mais Elohim Prandi n’arrive pas à convertir la tentative de -1. Après un but islandais, Hugo Descat ajuste Gustavsson, mais l’écart ne diminue pas (6-9, 15′).

Du mieux, mais toujours derrière

Après un pénalty converti par Descat – son premier de la journée -, la défense bleue récupère un ballon en provoquant un passage en force. C’est l’heure des premières rotations, avec l’entrée de Dylan Nahi et le retour de Thibaud Briet. Mais cela ne change pas grand-chose au cours des choses, et Rikhardsson laisse l’Islande trois buts devant. Après 17 minutes, Guillaume Gille prend son premier temps-mort. Melvyn Richardson et Benoit Kounkoud font leur entrée sur le parquet de l’Arena après la minute de repos. Lancé par Minne, Briet trouve la mire de loin. La défense française est clairement montée de deux crans en intensité, et le public francilien répond présent. D’autant plus que Melvyn Richardson, en appui, réduit l’écart à un but (9-10, 20′). Rikhardsson glisse le ballon sous la jambe de Bolzinger, avant que Briet ne provoque l’exclusion de Jonsson. A un de plus, Melvyn Richardson n’exploite pas la situation de surnombre et envoie le ballon en touche. Pire, Smarason traverse la défense bleue pour marquer. C’est l’heure pour Rémi Desbonnet de rentrer sur le terrain, alors que les Islandais ont le ballon pour mener de quatre buts. Et Elisson ne se trompe pas, avec une finition premier poteau, à laquelle répond Thibaud Briet, qui s’arrache pour finir à six mètres. C’est l’heure pour les Islandais de prendre leur premier temps-mort (11-14, 24′). Karl Konan récupère le ballon sur l’action de reprise, et Dylan Nahi fait se lever la salle en convertissant sa contre-attaque. Desbonnet en rajoute une couche en sortant le pénalty de Thorkelsson, avant que Einarsson n’écope de deux minutes pour une cravate sur Briet. Quelques secondes plus tard, la salle est debout quand Benoit Kounkoud convertit le kung-fu initié par Nahi. Les Bleus sont revenus à un but, mais Magnusson ne tremble pas à sept-mètres face à Desbonnet. Et comme Elisson trompe Desbonnet en contre-attaque, l’Islande reprend trois buts d’avance. La dernière action est confuse, après que Mem ait trouvé la mire. Jonsson est exclu pour deux minutes, le tir d’Elohim Prandi ne trouve pas la mire, et la France rentre aux vestiaires menée de deux buts (14-16, MT).

Le vent tourne après le repos, mais l’Islande s’accroche

Ce sont les joueurs de l’équipe de France qui relancent la seconde période, dans une composition proche de celle de départ. Nicolas Tournat, immédiatement, trouve la solution au poste de pivot et Rémi Desbonnet, décidément bien entré dans sa partie, s’impose à l’aile droite. Une aile où droite où Yanis Lenne glisse le ballon au premier poteau pour égaliser après deux minutes en seconde période. Il faut un pénalty de Magnusson pour arrêter la bonne série bleue, mais Dika Mem remet tout le monde a égalité dans la foulée. Et même mieux, puisque Fabregas, parti seul, remet la France devant pour la première fois depuis la quatrième minute. Nouvelle contre-attaque, même sanction, cette fois pour Elohim Prandi (19-18, 35′). S’en suit une période où les deux équipes se répondent coup pour coup, mais où personne ne prend réellement le dessus. Dès que l’Islande marque, Prandi ou Mem répond. Fabregas aussi, qui va provoquer un pénalty que Hugo Descat transforme en deux temps. Après que Desbonnet se soit interposé face à Smarason, Dika Mem va toucher les cieux de l’Arena, mais son tir trouve le poteau. Heureusement, Desbonnet veille et sa double parade fait se lever le public nanterrien (21-22, 40′). Aymeric Minne, avec un brin de réussite, remet tout le monde à égalité alors qu’il reste dix-neuf minutes à jouer. Et les Bleus s’offrent une nouvelle occasion de scorer quand Karl Konan provoque une faute offensive adverse. Dika Mem ne se fait pas prier et marque, décalé à six mètres. Konan, encore lui, intercepte la balle, et Yanis Lenne donne deux buts d’avance pour la première fois de la soirée, forçant l’Islande à poser son second temps-mort. De retour sur le terrain, la défense française n’a pas changé ses intentions, et il faut une mauvaise passe pour empêcher Lenne d’inscrire le but du +3. La deuxième occasion du gaucher est détournée par Gustavsson, laissant Gisli Kristjansson réduit l’écart (25-24, 45′).

Un dernier quart d’heure irrespirable

La France entame le dernier quart d’heure avec un but d’avance et avec un joueur en plus, après que Nicolas Tournat ait provoqué l’exclusion de Gislason. Descat ne se trompe pas à sept mètres et les Bleus ont toujours deux buts d’avance. La défense menée par Karl Konan s’étage de plus en plus, perturbant la circulation de balle adverse. Malheureusement, Magnusson, au bout du refus de jeu, trouve la solution. L’attaque française, pourtant si fluide en seconde période, connait quelques soubresauts alors que le money-time commence (26-25, 50′). Dans une combinaison entre Nantais, Briet lâche un ballon parfait à Minne, qui vient conclure de près. Pour la fin du match, alors que Jonsson vient de marquer, Melvyn Richardson fait son retour sur le terrain. C’est pourtant Minne, encore une fois, qui marque d’un beau tir au deuxième poteau. Magnusson convertit son pénalty sur l’action suivante, mais cela n’empêche pas le public de Paris La Défense Arena de répondre présent. Et il le faut, alors que les Islandais ont le ballon de l’égalisation avant d’entrer dans les cinq dernières minutes (28-27, 55′). C’est le moment que choisissent les deux joueurs phares français en seconde période pour sortir du bois. Desbonnet arrête le tir islandais et Aymeric Minne convertit la montée de balle du +2. Mais Benoit Kounkoud se loupe sur l’action suivante avant d’écoper de deux minutes sur la défense, pour une faute pas bien claire. Sur une action confuse, Jonsson égalise à 29 partout avec deux minutes à jouer. Et alors que le ballon semble perdu, Fabregas s’arrache pour gratter une interception que convertit Aymeric Minne, intenable. Le capitaine est exclu par les arbitres sur la défense suivante, la France va donc jouer à deux de moins. Mais peu importe, puisque le pivot islandais ne trouve pas le cadre, seul face à Desbonnet. Alors qu’il reste trente-cinq secondes à jouer, Guillaume Gille pose un dernier temps-mort. C’est finalement Dylan Nahi, à six mètres, qui valide le succès français, le quatrième en autant d’éditions du Tournoi de France (31-29, FM).

LES STATISTIQUES

France – Islande : 31-29 (14-16)

Nanterre, Paris La Defense Arena, 13 774 spectateurs

Arbitres : Ruben Maia et Andre Nunes (POR)

France : 

Entraineur : Guillaume Gille

Gardiens : Bolzinger (1 arrêt/ 14 tirs dont 0/2 pén), Desbonnet (9 arrêts / 25 tirs dont 1/4 pén)

Y. Lenne (2/3), Minne (8/9), Bos, Prandi (2/6), M. Richardson (1/3), Mem (4/7), Tournat (1/2), Fabregas (3/4), Descat (4/6 dont 3/3 pén), Kounkoud (1/2), Peleka, Nahi (2/2), Konan, Zaepfel, A. Lenne, Briet (3/4)

Exclusions temporaires : Minne (9′), Kounkoud (57′), Fabregas (59′)

Islande : 

Entraineur : Snorri Steinn Gudjonsson

Gardiens : Gustvasson (12 arrêts / 43 tirs dont 0/3 pén), Hallgrimsson

Rikhardsson (5/5), Smarason (1/2), V. Kristjansson (0/3), Elisson (4/4), Jonsson (4/6), G. Kristjansson (2/3), Gislason, Magnusson (5/6 dont 3/3 pén), Vidarsson (0/2), Thorkelsson (4/6 dont 2/3 pén), Arnarsson (2/3), Einarsson (1/3), Thrastarson (1/3), Olafsson, Runarsson

Exclusions temporaires : Jonsson (21′, 30′), Einarsson (26′), Gislason (46′)

LES DÉCLARATIONS

Guillaume Gille : On n’est jamais totalement prêt pour une compétition, il n’y a pas un moment où on se dit qu’on a coché toutes les cases. On a fait une belle préparation, avec deux matchs intéressants. Celui d’aujourd’hui nous a forcé à aller chercher des ressources dont on pourrait avoir besoin pendant l’EURO. Je suis ravi de l’état d’esprit et de notre montée en puissance. On a fait beaucoup de choses intéressantes dans le temps qui nous était imparti, et j’ai vu beaucoup de bonnes choses. On arrive dans de bonnes dispositions, avec des garçons qui ont très envie de progresser et qui ont fait preuve de la cohésion nécessaire. On ne sait pas encore dans quel format on ira à l’EURO, il faut d’abord qu’on débriefe et qu’on fasse le point sur l’état des troupes. On peut jongler avec une liste de vingt joueurs, il peut être intéressant pour certains joueurs de prendre la température d’une telle compétition, même sans beaucoup jouer.

Thibaud Briet : On monte en régime, j’ai l’impression que notre match aujourd’hui est meilleur que celui de vendredi contre l’Autriche. On va encore pouvoir progresser sur le premier tour. On a tellement de possibilités des deux côtés du terrain que c’est parfois un peu long à trouver les automatismes. C’est sûr qu’en fin de match, quand je joue avec Aymeric, on se connait bien, donc c’est plus simple. J’ai essayé d’apporter mon énergie, comme à Nantes. J’avais vraiment envie qu’on gagne ce match, qu’on continue à progresser. On a été bien en défense, même si on a pris des buts un peu bizarres, sur des fins d’engagement. On travaille encore mais, globalement, je trouve que ce qu’on a proposé aujourd’hui était plutôt cohérent.

Rémi Desbonnet : Ca a été une super répétition générale, avec l’intensité de la compétition. On ne sait jamais vraiment en préparation si les équipes vont jouer le jeu ou pas, mais là, l’Islande a vraiment joué. Et les tenir à vingt-neuf buts dans ce contexte, vu les joueurs en face, c’est une belle performance. Personnellement, je suis très heureux de retrouver le terrain, j’ai eu les derniers examens hier qui m’ont confirmé que tout allait bien. Ca a été un déclic, je ne me suis pas posé de questions. Déjà de sortir du terrain en pleine forme vendredi, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Quand j’ai confiance en mes appuis, en mes déplacements, je suis forcément dans de meilleures dispositions pour performer. Maintenant, on est prêt à construire notre compétition, on est prêt à avancer.

Aymeric Minne : Dire qu’on est parfaitement prêts, ça serait mentir, mais on a vu de belles choses sur les deux matchs. Notre deuxième période défensive, ce soir, est très intéressante, surtout qu’on a été un peu bougés en début de match. On a été mis en difficulté, on s’est beaucoup fait prendre balle en main, mais on a réussi à le corriger. Même moi, j’ai galéré en début de match, mais Yohann sur le côté m’a pas mal aidé en me disant quelle combinaison on pouvait utiliser. On a su corriger tout ce qui n’allait pas en deuxième période. On a su gérer les ballons chauds, sur les deux matchs, on finit bien. On sait que l’EURO sera très dur, qu’il va falloir cravacher pour aller chercher un trophée ou même une médaille. Mais je n’en ai pas encore, et quand on voit nos ainés au Hall of Fame dire qu’ils ont confiance en nous pour aller en chercher, une médaille, forcément, on se dit qu’on en a envie.

LE GROUPE DE 20 JOUEURS

Gardiens : Charles BOLZINGER (Montpellier HB) – Rémi DESBONNET (Montpellier HB) – Valentin KIEFFER (Chambéry Savoie Mont Blanc HB)

Ailiers gauches : Hugo DESCAT (One Veszprém) – Dylan NAHI (Industria Kielce) – Wallem PELEKA (Paris Saint Germain Handball)

Arrières gauches : Thibaud BRIET (HBC Nantes) – Élohim PRANDI (Paris Saint Germain Handball) – Aymeric ZAEPFEL (PAUC Handball)

Demi-centres : Aymeric MINNE (Nantes HB) – Nedim REMILI (One Veszprém)

Pivots : Ludovic FABREGAS (Cap, FC Barcelone) – Karl KONAN (Paris Saint Germain HB) – Arthur LENNE (Montpellier HB) – Nicolas TOURNAT (HBC Nantes)

Arrières droits : Julien BOS (HBC Nantes) – Dika MEM (FC Barcelone) – Melvyn RICHARDSON (Orlen Wisla Plock)

Ailiers droits : Benoît KOUNKOUD (Industria Kielce) – Yanis LENNE (One Veszprém)

 LE STAFF

Entraîneur : Guillaume GILLE / Entraîneur-adjoint : Yohan DELATTRE / Entraîneurs gardiens : Jean-Luc KIEFFER et Daouda KARABOUÉ / Préparateur physique : Olivier MAURELLI / Analyste vidéo : Vincent GRIVEAU / Médecin : Emmanuel BIDET / Kinésithérapeutes : Sébastien GAUTIER, Jean-Christophe MABIRE et Florian PATALAGOÏTY / Manager des équipes de France : Emmanuelle MOUSSET / Communication et relation médias : Hubert GUÉRIAU / Intendant : Alexandre MASSINON / Préparateur mental : Pierre ARTHAPIGNET / Directeur Technique National : Pascal BOURGEAIS / Chef de délégation : Bertrand GILLE / Vidéoman : Mathis BORONAT / Photographe : Baptiste FERNANDEZ

MATCH AMICAL
Pau – Samedi 1er novembre : France – Italie : 38-28 (20-16)

TOURNOI DE FRANCE – 09 au 11 JANVIER 2026 – PARIS LA DÉFENSE ARENA
Vendredi 9 janvier : Islande – Slovénie 32-26 (21-13) et France – Autriche 34-29 (18-16)
Dimanche 11 janvier : Slovénie – Autriche 36-31 (20-15) et France – Islande 31-29 (14-16)

EHF EURO 2026
TOUR PRÉLIMINAIRE – GROUPE C

Bærum Oslo – Unity Arena – Jeudi 15 janvier à 18h00 : France – République tchèque
Bærum Oslo – Unity Arena – Samedi 17 janvier à 18h00 : Ukraine – France
Bærum Oslo – Unity Arena– Lundi 19 janvier à 20h30 : France – Norvège

TOUR PRINCIPAL
MR1 : Herning – Jyske Bank Boxen – (22 au 28 janvier) : 6 équipes issues des groupes A, B et C
MR II : Malmö Arena – (23 au 28 janvier) : 6 équipes issues des groupes D, E et F

FINALITÉS (Herning – Jyske Bank Boxen)
30 janvier : 
places 5&6
30 janvier : demi-finales
1er février : finale 3-4 et finale 1-2