Si la situation économique en France fait l’objet de nombreux débats, l’entrepreneuriat reste une voie privilégiée pour se lancer dans une nouvelle aventure. En 2024, un nouveau record a été atteint avec près de 1,2 millions de nouvelles entreprises créées. Ces chiffres particulièrement élevés ont retenu l’attention de Benjamin Gaignault, cofondateur d’Ornikar, auto-école en ligne. « Puisqu’il existe un permis de conduire, pourquoi ne pas créer un permis d’entreprendre ? Statistiquement, 3 entreprises sur 10 se crasheront au bout de 5 ans. »
Une idée qui va inciter ses amis Cédric Peyronel et Mario Manjon, dirigeants expérimentés à compléter l’offre d’Aipoc, école initialement dédiée sur l’IA pour proposer un incubateur en ligne basé à Marseille et accompagner la nouvelle génération d’entrepreneurs à maximiser leurs chances de réussite. « On s’était dit que ce serait marrant de créer un permis d’entreprendre comme le permis de conduire et d’avoir une formation pour les aider à se lancer dans les meilleures conditions. Donc on ne vend pas un discours pour dire qu’ils vont finir richissimes, mais plutôt de les accompagner pour qu’ils puissent aller sur un produit où ils ont validé un marché, un financement et que cela tienne la route », explique Cédric Peyronel, cofondateur.
L’IA, un sujet majeur
Cette formation certifiante éligible CPF étalée sur trois mois repose sur l’intervention régulière de 20 experts et la mise en place de visioconférences pour avancer sur des problématiques inhérentes à l’entrepreneuriat. « Il y aura des personnes pour les accompagner tout au long de la construction de leur business plan mais aussi quelqu’un qui sera dédié à l’intelligence artificielle », détaille-t-il.
Et pour cause… l’essor de l’IA a généré une « hausse de 55% du nombre de startupers entre 2023 et 2025. Avec l’IA on part plutôt du produit pour aller vers la vision donc on a plein de personnes qui grâce à certains outils peuvent rapidement par exemple créer une application. Du coup, ils vont se dire qu’ils peuvent lancer une boîte parce qu’ils ont le produit mais en fait derrière, il faut quand même choisir son positionnement et connaître son marché. Si les dépenses sont mal calculées, le projet ne peut pas durer sur long terme. »
Au terme du parcours, les 30 entrepreneurs (28 ans en moyenne) déjà engagés, doivent pitcher leur projet devant un jury pour espérer obtenir leur permis d’entreprendre. Si cette certification reste quelque peu symbolique, l’objectif est de valoriser les principaux intéressés avant de se positionner sur des échéances capitales. « Il faut que cela donne confiance aux futurs partenaires de l’entrepreneur. »