Par
Jean-Marc Aubert
Publié le
13 janv. 2026 à 7h06
Un inédit projet alternatif de la Ville de Pérols, au sud de Montpellier, révélé en ce début d’année ne va pas manquer de susciter réactions et commentaires dans le mundillo économique et politique. Il s’agit d’un projet de superposition urbaine sur le site du futur Centre de maintenance du tramway sur 12 hectares qui doivent accueillir Ode à la Mer, une sorte de serpent de terre, baptisé « Ode de la Mer » sur les photos de la commune de Pérols.
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« À la suite du vote défavorable du conseil municipal de Pérols sur le projet initial proposé par Montpellier Méditerranée Métropole, la commune a souhaité ouvrir une nouvelle voie de réflexion, constructive et responsable, sur le devenir de ce site stratégique. Alors que la Métropole de Montpellier étudie l’implantation d’un centre de maintenance et de remisage du tramway sur le secteur d’Ode de la Mer, pour un investissement estimé à 200 millions d’euros, la commune de Pérols estime nécessaire de réexaminer l’opportunité de cette localisation et les conditions d’occupation de ce foncier stratégique », confirme ce lundi 12 janvier 2026 à Métropolitain, le maire Jean-Pierre Rico.
L’emprise concernée, 12 hectares, correspondant à la dernière grande parcelle économique disponible au sud de l’aire métropolitaine, déjà identifiée par le passé pour différents projets structurants -shopping, promenade et stade de football du MHSC- constitue une opportunité foncière majeure.
« La question posée n’est donc pas celle de l’équipement en lui-même, mais bien celle de l’usage global du site : peut-on raisonnablement consacrer ces quelque 12 hectares à une seule fonction technique et fermée, alors que les enjeux de sobriété foncière, de Zéro Artificialisation Nette -ZAN- et de limitation de l’étalement urbain sont désormais centraux ? La contre-proposition portée par la commune de Pérols part de cette interrogation simple et pragmatique », ajoute Jean-Pierre Rico.
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La commune propose que le futur centre de maintenance ne soit pas un site monofonctionnel, mais qu’il devienne le socle d’un projet urbain multi-usages, fondé sur la superposition verticale des fonctions. Cette approche repose sur trois principes structurants : sobriété foncière : aucun étalement supplémentaire, aucune artificialisation nouvelle de sols, optimisation de l’emprise : un même foncier accueille plusieurs usages, à des temporalités et pour des publics différents et correction des erreurs passées : éviter la dispersion caractéristique des zones commerciales et techniques périphériques : bâtiments isolés, parkings à ciel ouvert, îlots de chaleur.
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« Il ne s’agit pas de créer « un centre commercial de plus », mais de réintégrer des fonctions urbaines dans un site à vocation économique, en le transformant en véritable lieu de vie, lisible et assumé », précise le maire de Pérols, vice-président de la Métropole en charge notamment de la police métropolitaine des transports.

« Polygone Ode de la Mer » découvre t-on sur les images du projet (©Ville de Pérols)
Ce projet repose sur une stratification claire des usages, du plus technique au plus ouvert au public, sur trois niveaux :
▪ Niveau RDC – Le socle technique
• Centre de maintenance et de remisage du tramway (TaM 3M)
▪ Niveau R+1 – Le stationnement intégré
• Parking silo mutualisé, intégrant un dispositif P+Tram, destiné à favoriser l’usage des transports collectifs.
▪ Niveau R+2 – Les activités commerciales avec des commerces et services du quotidien. Sur les images de la Ville de Pérols, on découvre « Polygone Ode à la Mer ».
Une alternative maîtrisée à l’étalement commercial périphérique.
▪ Niveau R+3 – Casino (cercle de jeux), restauration et belvédère
Activités de loisirs encadrées (dont jeux), restauration. Rooftop accessible offrant des vues vers le littoral et les étangs. La commune de Pérols vient d’obtenir le précieux Label « Ville touristique », d’où le souhait d’implantation d’un casino.

Le projet alternatif d’Ode de la Mer pr »écopait un rooftop (©Ville de Pérols)
« La commune de Pérols ne présente pas un projet figé, mais une hypothèse de travail, destinée à être : étudiée par les services de la Métropole et de la TaM 3M, comparée objectivement au scénario strictement technique, ajustée, enrichie ou partiellement reprise. Le message est volontairement simple : si ces 12 hectares doivent être mobilisés, autant qu’ils servent plusieurs fois, sans consommer plus de sol », assure Jean-Pierre Rico, qui évoque l’esprit de ce projet alternatif : « Il se veut un ouvrage urbain habité, répondant à une équation contemporaine majeure : densifier sans étaler, diversifier sans nuire, et transformer une contrainte technique en opportunité urbaine, au service du territoire et de la métropole ».
La mairie de Pérols a informé récemment Renaud Calvat de la teneur de ce projet. Le vice-président de la Métropole en charge des finances et président de TaM 3M l’a confirmé ce lundi soir à Métropolitain : « Il faut savoir que ces 12 hectares sont la propriété de la Métropole de Montpellier, où il est envisagé d’implanter un Centre de maintenance abritant un nouveau dépôt de tramway qui s’impose depuis la mise en oeuvre de la Ligne 5. Mais, pour des questions environnementales, notamment, nous avons l’obligation de porter un projet d’intérêt public et s’il faut y associer un projet privé, pourquoi pas. Bien entendu, il va falloir se pencher sur ce projet alternatif proposé par la commune de Pérols et pourquoi pas lancer une étude après les élections municipales de mars prochain ». Renaud Calvat a informé Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole.
Ce projet tentaculaire est loin d’être sur les rails, mais Jean-Pierre Rico va s’atteler à le lancer et à le faire aboutir avec toute l’énergie qui est la sienne au nom de la commune de Pérols. Une véritable ode économique futuriste.
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