l’essentiel
Le championnat du monde du cassoulet célèbre ses dix ans à Toulouse. Né d’une idée humoristique, il est devenu un événement gastronomique majeur. La Conserverie Quillot remporte le prix du public, tandis que le Restaurant Bibent séduit le jury.
Derrière l’humour, l’excellence : le championnat du monde du cassoulet fêtait sa dixième édition au Rex de Toulouse. L’événement est né de l’imagination des Chevaliers du Fiel, Éric Carrière et Francis Ginibre, duo d’humoristes toulousains amoureux du terroir et de ses traditions culinaires. À l’origine pensé comme un clin d’œil humoristique et populaire, le championnat s’est rapidement imposé comme un rendez-vous incontournable, mêlant autodérision, fierté régionale et exigence gastronomique. Dix ans plus tard, la boutade est devenue une institution, capable de réunir chefs reconnus, producteurs locaux et milliers de gourmands autour d’un plat emblématique du Sud-Ouest.
C’est au sein du Rex que cette dixième édition s’est tenue une nouvelle fois. Cinq chefs cuisiniers ont fait défiler leurs cassoles sous les yeux (et les papilles) attentifs d’un public averti de 150 personnes, mais aussi d’un jury exigeant. Ce dernier était composé des Chevaliers du Fiel, créateurs de l’événement, du chef étoilé Michel Sarran, de Jean-Nicolas Baylet (directeur général de La Dépêche du Midi), de Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse) et de Damien Épicurien, créateur de contenu toulousain qui comptabilise près de 115 000 followers sur Instagram.
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Entre dégustation populaire et exigence des chefs
Parmi les dégustateurs, Caperan fait partie des chanceux tirés au sort pour goûter les plats en compétition. Un privilège presque inespéré. « J’ai envoyé des mails pendant des semaines », raconte-t-il. Employé dans le secteur industriel du cassoulet, il juge avec précision : haricots ni trop cuits, ni trop fermes, viandes équilibrées et gratiné indispensable. « C’est le haricot qui fait la base de tout », tranche-t-il, n’hésitant pas à noter dès les premières bouchées.

Eric Carrière met l’ambiance au Rex.
DDM – NATHAN BARANGE
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Côté candidats, la Table Fermière défend une vision résolument traditionnelle. Pour ce producteur, impossible de transiger : haricot lingot IGP de Castelnaudary, confit de canard, jarret de porc et couenne. « Un cassoulet raconte toujours une histoire », explique Jean-Louis Bodin, chef du restaurant. Il évoque un plat « généreux, de partage et de transmission ».

Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et le directeur général du groupe La Dépêche Jean-Nicolas Baylet, membres du jury.
DDM – NATHAN BARANGE
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Le jugement final revient toutefois au jury officiel, au sein duquel Michel Sarran et Damien Épicurien veillaient au grain. Tous deux défendent un cassoulet équilibré, sans excès de jus ni sécheresse. « Faisons simple, faisons bon », résume Michel Sarran, rappelant l’origine populaire et paysanne du plat, tout en exigeant une parfaite maîtrise culinaire. Damien, lui, assume une ligne sans compromis : pas d’innovation hasardeuse, pas de carottes ni de tomates, mais « beaucoup d’amour » et des produits respectés.

Un régal pour les papilles, mais il faut tenir jusqu’au cinquième plat !
DDM – NATHAN BARANGE
Et le grand gagnant se trouve au Capitole
La Conserverie Quillot a su faire chavirer les cœurs en remportant le prix du public. Le jury officiel a quant à lui sacré le Restaurant Bibent, situé place du Capitole, pour l’équilibre et la maîtrise de sa recette, concluant ainsi la dixième édition du championnat sous les applaudissements et en musique.