Environ 300 tracteurs sont attendus près de l’Assemblée nationale pour manifester contre le Mercosur.

Pierre Tremblay / Le HuffPost

Environ 300 tracteurs sont attendus près de l’Assemblée nationale pour manifester contre le Mercosur.

Cette fois, le convoi a été autorisé par les autorités qui ont encadré son entrée dans la capitale. Une quinzaine de tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs sont entrés dans Paris ce mardi peu avant 6h. Ils étaient les premiers véhicules sur plusieurs centaines attendus dans la journée sur les bords de Seine ; 250 sur environ 300 étaient arrivés peu après 8h.

Entrés par Porte Dauphine, les tracteurs, escortés par des camions de CRS, doivent parcourir de grandes artères de Paris dont l’avenue des Champs-Élysées jusqu’à un rassemblement quai d’Orsay, près de l’Assemblée nationale. Celui-ci doit se tenir jusqu’à 18h avant un départ de Paris par la porte de Saint-Cloud, encore une fois lors d’un cortège escorté par les CRS.

En conséquence, la préfecture de Police annonce que le Pont de la Concorde et le Quai d’Orsay seront fermés à la circulation pendant toute la durée du rassemblement.

« La révolte paysanne reprend »

Ces tracteurs arrivent du Nord, de l’Eure-et-Loir, du Loiret et des départements de la grande couronne parisienne. À 7H30, une file ininterrompue de tracteurs s’étirait depuis l’Assemblée nationale, devant laquelle a été déployée une banderole « La révolte paysanne reprend », a constaté une journaliste de l’AFP.

L’action a lieu à l’initiative de la FRSEA Grand bassin parisien, une entité englobant l’Île-de-France et des départements de régions voisines, pour exiger des « actes concrets et immédiats » pour défendre la souveraineté alimentaire.

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Cette étape intervient quelques jours à peine après les actions coup de poing de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne. Tous dénoncent la signature par l’Union européenne d’un traité de libre-échange avec les pays du Mercosur. Ce texte doit être signé ce samedi au Paraguay ; il entrera immédiatement en vigueur, avant même que le Parlement européen puisse se prononcer sur le texte.

« Trop de règles tuent les règles »

« Pas de pays sans paysan », « pas de paysan => pas d’alimentation », indiquait un panneau accroché à l’un des tracteurs. Certains agriculteurs, équipés de remorques, ont même prévu matelas et duvets pour prolonger la journée de mobilisation.

« Si on veut garder la souveraineté alimentaire, qu’on nous laisse exercer notre métier », dit à l’AFP Fabrice Moulin, 52 ans, qui cultive des céréales dans l’Eure, à proximité des Yvelines.

« On n’est pas pour l’anarchie mais trop de règles tuent les règles. Aujourd’hui, on ne vit plus de notre activité », ajoute-t-il, évoquant le chapelet de mauvaises nouvelles pour l’agriculture : crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’accroissement du coût des engrais, l’accord UE-Mercosur en passe d’être signé.