Rolland Courbis n’avait que 33 ans lorsqu’il s’est assis pour la première fois sur le banc d’entraîneur, à Toulon. Les crampons à peine raccrochés, il avait endossé le costume de manager général. Mais le début de saison 1986-1987 est difficile et le club varois se retrouve en mauvaise posture au classement.
« J’ai été à l’initiative de son arrivée en tant qu’entraîneur, se remémore Bernard Pardo. On était derniers, il commençait à y avoir de la tension dans le vestiaire et je lui ai dit avant un match qu’il fallait qu’il vienne à la collation. On a crevé l’abcès en lui disant que puisqu’il avait fait le recrutement, il fallait qu’il l’assume en devenant entraîneur. »
Le fameux électrochoc espéré s’est produit, presque au-delà des espérances. « On s’était maintenus en terminant troisièmes des matches retour, souligne l’ancien milieu de terrain international. On a perdu un amoureux du football, qui était encore jeune. C’était un précurseur qui avait commencé à nous faire jouer un pressing, la zone au lieu du marquage individuel… Il avait une vraie vision du football. Parfois, aussi, il inventait des choses : un jour, il avait même fait jouer Luigi Alfano (pourtant défenseur central, Ndlr) au poste d’attaquant ! »
Yves Merens : « Les journalistes venaient pour lui et Herrero »
Journaliste marseillais pour Var-Matin pendant 25 ans, Yves Merens a suivi les dernières années du Sporting Club de Toulon au plus haut niveau. Lui aussi se souvient d’un homme à part. « C’est le plus grand personnage que j’ai croisé dans ma carrière. Le fait que l’on soit marseillais tous les deux ne nous a pas éloignés, bien au contraire. On vivait pratiquement 24h/24 ensemble. »
Lui aussi garde l’image d’un passionné. « Il était capable de m’appeler à 2 heures du matin pour que je le rejoigne pour lui faire le pedigree de Franck Passi, qui débarquait à Toulon trois mois plus tard. En conférence de presse, on voyait parfois des journalistes parisiens qui débarquaient à Toulon pour lui au Sporting et Daniel Herrero au RCT. Ils savaient qu’avec leur gouaille, ça leur ferait de bons papiers… »