À Arras et Lille, la mode prend un virage responsable. Soldes d’hiver, friperies solidaires et vêtements de seconde main redessinent le paysage commercial. Entre les boutiques indépendantes et la friperie Ephata, le Nord montre qu’il est possible de consommer malin, local et solidaire.
À Arras comme à Lille, les vêtements racontent une autre histoire que celle de la fast fashion. Entre les soldes d’hiver des boutiques indépendantes et le succès de la seconde main, une nouvelle façon de consommer s’impose. À Arras, les commerces du centre-ville défendent le commerce de proximité. À Lille, la friperie solidaire Ephata, transforme chaque don de vêtement en geste social et écologique.
À Arras, les soldes d’hiver résistent malgré la météo
Dans la boutique Call me Tata, au cœur d’Arras, les soldes d’hiver ont débuté sous la neige et le vent. Un départ compliqué, mais vite rattrapé.
Sandrine Bouton, présidente d’Arras Commerce Cœur de Ville, le confirme :
« On a quand même eu quelques clients qui ont bravé les éléments et puis samedi ça a vraiment démarré. »
Contrairement aux idées reçues, les soldes restent un moment clé pour les commerçants indépendants. La loi est stricte : seuls les vêtements exposés depuis au moins un mois peuvent être soldés, et les réassorts sont interdits.
« On n’a pas le droit de solder quelque chose qu’on vient de recevoir. »
Les réductions varient selon le succès des pièces : une robe très demandée peut être soldée à –20 %, tandis qu’un article en stock passe à –40 ou –50 %. Les soldes d’hiver se terminent le 3 février, avec une deuxième démarque qui démarre.
2. Ephata à Lille, la friperie solidaire qui change la donne
À Lille, dans le quartier de Fives, la friperie associative Ephata propose une autre vision de la mode. Ici, pas de soldes, car les prix sont déjà au plus bas.
« De 50 centimes à 10 euros. Ça ne dépasse pas 10 euros. »
La boutique fonctionne uniquement grâce aux dons de particuliers. Chaque vêtement est trié, réparé ou parfois transformé grâce à une équipe de bénévoles et une couturière.
« Les vêtements qui valent le coup, la couturière est là pour les réparer. »
Parmi les trésors passés par les portants, des pièces issues de la série HPI, redistribuées après la braderie de Lille. Une preuve que la seconde main réserve parfois des surprises.
Quand les vêtements financent des repas solidaires
Chez Ephata, chaque achat a un impact direct. Les bénéfices servent à financer des actions sociales dans le quartier.
« Toutes les semaines, on offre un repas à une vingtaine de personnes qui sont en précarité. »
Ateliers, sorties, écriture, spectacles… la friperie est devenue un lieu de vie et de solidarité. La boutique est ouverte du lundi au samedi de 14h à 19h, à Lille. Acheter un manteau ou un jean permet aussi de soutenir ces projets locaux et humains.