Le documentaire de Jean-Louis Remilleux retrace l’histoire du journal, faite de combats, d’évolutions et d’avant-garde.

L’heure est à la célébration. Le Figaro  fête ses 200 ans. Deux siècles d’histoires, d’enquêtes, de reportages et d’entretiens. Mais aussi d’évolution du journalisme, appuyée sur d’immenses signatures des univers littéraires et médiatiques. Pour l’occasion, le producteur Jean-Louis Remilleux, aux commandes habituellement de l’émission « Secrets d’Histoire », coréalise le documentaire Sans la liberté de blâmer  avec Laurent Menec.

Le 15 janvier 1826, quand Maurice Alhoy et Étienne Arago publient le premier exemplaire de leur « journal », ils ne peuvent pas imaginer que leur bébé deviendra le grand Figaro, une plateforme d’information déployée sur tous les supports : un journal papier, un site internet, une application, une chaîne de télévision, sans oublier les réseaux sociaux.

Le Figaro : deux siècles de liberté et d’avant-garde retracés dans Sans la liberté de blâmer… sur France 2


Passer la publicité

« Il est évidemment impossible de raconter 200 ans de l’histoire d’un journal pareil, souligne l’intéressé. Nous avons été contraints de faire des choix », nous confie le producteur. Entre illustrations d’archives, reconstitutions et confidences face caméra, l’histoire du périodique est ici contée par ceux qui l’ont créé ou qui continuent de le faire briller aujourd’hui. Ainsi Marc Feuillé, directeur général et de la publication, Alexis Brézet, directeur des rédactions, Vincent Trémolet de Villers, directeur délégué de la rédaction et Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, se sont-ils prêtés à l’exercice. Tout comme Eugénie Bastié, Laurence de Charette, Stéphane Durand-Souffland, Anne Fulda, Arnaud de la Grange, Jacques-Olivier Martin ou encore Étienne de Montety, Guillaume Perrault et Anne-Sophie von Claer. De la même manière que d’anciennes figures du journal à l’instar de Franz-Olivier Giesbert, directeur des rédactions entre 1988 et 2000 ou encore Jean-Marie Rouart, membre de l’Académie française et directeur du Figaro littéraire de 1988 à 2003.

Respecter ses valeurs

Comme annoncé dans le titre du film, la liberté est au cœur du propos. « Le Figaro a toujours été à l’avant-poste des libertés. Il a souvent été rebelle tout en étant du côté de la liberté. Celle d’entreprendre mais aussi une liberté d’économie, de ton, et d’humour », rappelle le producteur. Que ce soit face à Charles X, dans la défense de Boualem Sansal ou encore dans l’affaire Dreyfus – que le quotidien a farouchement protégé à travers une véritable campagne de presse – le journal a mis un point d’honneur à respecter ses valeurs. Jusqu’à se saborder en 1940, pendant la guerre, pour ne pas subir la censure des Allemands. Sans être anarchiste, le journal a toujours été habité par une sorte d’insolence, estime dans le documentaire Étienne de Montety, directeur du Figaro littéraire.

« Le Figaro était et est encore un peu avant-gardiste », juge Jean-Louis Remilleux. De Villemessant à Dassault en passant par Hersant, chaque dirigeant a su préserver cette singularité. « Par exemple, Hippolyte de Villemessant a créé la publicité, les petites annonces ou encore le Figaroscope », souligne Jean-Louis Remilleux tandis qu’Alexis Brézet rappelle que c’est grâce à Villemessant que Le Figaro passe d’une « petite feuille hebdomadaire à un journal quotidien ».

Le documentaire rend également hommage à Jean d’Ormesson, directeur du Figaro entre 1974 et 1977. Les images d’archive de sa venue dans les locaux du journal accompagné par Alexis Brézet, quarante ans après en avoir quitté la direction, sont diffusées. « Robert Hersant a été, quant à lui, à l’initiative du Figaro Magazine, du Figaro Madame, des pages saumon dédiées à l’économie », souligne Jean-Louis Remilleux et d’ajouter : « Enfin, les Dassault ont fait une percée extraordinaire sur internet, avec le site d’abord, les podcasts et puis la chaîne de télévision finalement. »