Mise en danger de la vie de deux policiers, conduite sans permis, port d’arme et évasion de prison : telles étaient les infractions pour lesquels comparaissait Eric, le 7 janvier, devant le tribunal judiciaire de Montpellier.
La prison est devenue une deuxième maison pour Éric, 38 ans. Multirécidiviste depuis l’enfance, il a déjà passé près de vingt ans derrière les barreaux. C’est encore vers la détention qu’il a été renvoyé après un refus d’obtempérer et une course-poursuite à haut risque dans les rues de Montpellier.
Les faits remontent au 11 novembre, jour de l’Armistice. Un équipage de police intervient rue Léonard-de-Vinci, à Montpellier, à la suite d’un signalement pour cambriolage. À leur arrivée, les policiers aperçoivent un individu prenant la fuite au volant d’une Peugeot. Des motards, appelés en renfort, se lancent à sa poursuite.
Une course-poursuite s’engage alors dans le centre-ville. Le conducteur roule à vive allure, multiplie les embardées et, selon l’un des motards, fonce volontairement sur eux. Les policiers parviennent à éviter la collision de justesse. La fuite s’achève lorsque le suspect perd le contrôle de son véhicule et s’immobilise brutalement.
Interpellé, l’homme se révèle être également recherché pour ne pas avoir réintégré la prison du Havre à l’issue d’une permission de sortie, le 2 septembre dernier. Il est aussi en possession d’une arme blanche. Placé en détention le 13 novembre, il comparaît le lendemain devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Ayant demandé un délai pour préparer sa défense, il est maintenu en détention provisoire. Le 7 janvier, il est de nouveau présenté à la barre.
« J’avais peur de retourner en prison »
À l’audience, Éric tente de s’expliquer. « J’avais peur de retourner en prison au Havre, où ça se passait mal avec d’autres détenus, et je n’avais pas l’intention de faire du mal à la police », assure-t-il. Il évoque une demande de transfert vers Villeneuve-lès-Maguelone, refusée. Il lui restait pourtant trois mois à purger sur une peine de 16 mois ferme.
Pour les autres infractions, il se justifie également : le couteau était destiné à « couper la viande et les fruits », la bombe lacrymogène à « se défendre », et il nie toute intention de percuter les motards.
« Il met en danger tout le monde »
Ses explications ne convainquent pas. Pour l’avocate des parties civiles, Me Trouillard, qui considère « qu’il met en danger tout le monde avec ses comportements inconséquents », comme pour la procureure, Marie Hamiti, les policiers ont été exposés à un réel danger de mort. « Et son casier judiciaire, qui porte 13 mentions, ne rassure pas du tout « , ajoute la procureure.
Elle requiert 36 mois de prison, dont 8 avec sursis probatoire de 2 ans, interdiction de conduire tout véhicule, comme de paraître à Montpellier et de porter une arme durant 5 ans, 1 500 € de dommages et intérêts à verser à chacun des motards, auxquels s’ajoutent 8 mois pour évasion.
Pour la défense, Me Montfort estime que « 36 mois de prison ne servent à rien » et plaide plutôt pour un accompagnement permettant au prévenu de passer son permis de conduire. L’avocat souligne également des divergences dans les auditions des motards, considérant que le refus d’obtempérer avec circonstances aggravantes n’est pas suffisamment caractérisé.
Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 16 mois de prison ferme, auxquels s’ajoutent 3 mois pour évasion. Il lui est également interdit de porter une arme pendant cinq ans et il devra verser 300 € de dommages et intérêts à chacun des motards.