Emmitouflés dans leurs manteaux, les manifestants protestent contre le manque de solutions d’hébergement. « Des personnes dorment jour et nuit dehors, dans le froid et l’indifférence totale », dénonce Samuel Forest, fondateur de Solidarité partagée. Un constat partagé par les associations de terrain présentes, dont SOS Méditerranée, qui alertent sur la saturation des dispositifs existants.
La France connaît une vague de froid intense depuis le mois de décembre, ayant déjà causé à Montpellier la mort d’un jeune homme de 29 ans le 30 décembre dernier. Dans ce contexte, le plan départemental « grand froid », qui permettrait notamment l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement, le renforcement des maraudes et la mobilisation de lieux d’accueil exceptionnels, n’a pas été déclenché. À travers cette mobilisation, le collectif entend interpeller la Mairie pour qu’elle agisse, anticipe et se prépare à de futurs épisodes de grand froid, afin d’éviter de nouvelles tragédies liées au manque de ressources.
Une pétition a été lancée et a déjà recueilli près de 600 signatures. Elle devait être remise au maire, Michaël Delafosse, mais aucun représentant du collectif n’a pu être reçu. Les manifestants sont restés à l’extérieur, devant les grilles fermées de la mairie.
Si cet appel à l’aide s’expriment devant l’hôtel de ville, la mise à l’abri est une compétence qui relève d’abord de l’État, via la préfecture. Le collectif citoyen compte néanmoins sur la Mairie comme acteur de proximité, en capacité d’agir « à la marge », notamment à travers le Plan communal de sauvegarde (PCS) qui permet à la commune de mobiliser ponctuellement des locaux, de coordonner les acteurs et de répondre à des situations d’urgence. La pression citoyenne est ainsi perçue comme un levier lorsque l’État ne déclenche pas le plan grand froid, comme c’est le cas actuellement.
« L’ouverture ponctuelle de locaux municipaux pourrait être reproductible », confirme Michel Calvo, adjoint aux solidarités, avant de rappeler les limites de l’action municipale : « On est au bout de notre solidarité. On a ouvert 200 pensions de famille, 150 places de logements intercalaires, racheté un hôtel pour les jeunes avec des titres de séjour. On ne peut pas suppléer aux compétences de l’État. »
Les manifestants redoutent les conditions météorologiques annoncées par Météo France, avec de fortes pluies attendues dans les prochains jours, une situation particulièrement critique pour les personnes à la rue en période de froid.
Le gymnase Gambardella, aménagé le 4 janvier après la vague de grand froid, a depuis fermé ses portes. En parallèle, les places en foyers restent limitées, et certaines personnes sans domicile ne s’y sentent pas à l’aise ou ne parviennent pas à y accéder. Pour beaucoup, ces réponses ponctuelles apparaissent inadaptées face à l’ampleur de la situation. « Ils n’ont ouvert que quatre jours, ce n’est pas assez. Il existe d’autres solutions, comme Coallia, mais il n’y a pas beaucoup de logements. Tu passes la journée à l’abri, puis tu te retrouves dehors la nuit », témoigne Bruno.
Si l’hiver appelle une action urgente et immédiate, Fatima, à la rue depuis une vingtaine d’années, tout comme ce collectif de citoyens, rappellent que la question de la mise à l’abri ne devrait pas se poser uniquement en période d’intempéries, mais tout au long de l’année.
Souhaitant prolonger la mobilisation au-delà de ce rassemblement, les organisateurs annoncent une réunion publique sur le sans-abrisme ce mercredi 14 janvier à18 h30, à la Maison des Chômeurs, 4 rue Adolphe Mion (proche place Carnot).