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Cette question essentielle traverse le travail d’Olivier Mannoni, traducteur, essayiste et observateur aigu des dérives du langage politique.

Connu notamment pour sa traduction critique de “Mein Kampf”, Olivier Mannoni analyse la manière dont les mots, bien avant la violence, deviennent les premiers instruments du pouvoir. À partir de l’étude de la langue allemande des années 1930, il montre comment un vocabulaire appauvri, répétitif et confus peut neutraliser la pensée critique. La disparition des nuances, la simplification du réel et la répétition obsessionnelle des mêmes formules transforment le langage en outil d’adhésion. L’émotion remplace l’argument, la peur supplante la raison. Mannoni établit également un parallèle éclairant avec certains usages contemporains du langage politique, notamment aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump.