Elle était aussi considérée comme une cible prioritaire par la CIA. L’ex-figure française de l’organisation État islamique (EI) Émilie König sera alors jugée du 26 au 30 novembre devant la Cour d’assises spéciale de Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, a appris mardi l’AFP de source judiciaire.
Des juges d’instruction parisiens avaient décidé ce renvoi le 16 septembre, conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (PNAT) datées du 29 juillet, et les dates du procès viennent d’être fixées, a précisé la source judiciaire.
Selon des éléments du réquisitoire définitif obtenus par l’AFP, le PNAT reproche à cette femme née dans le Morbihan d’être sciemment restée sur place pendant les pires exactions de l’EI en zone irako-syrienne, et d’y avoir agi comme « recruteuse, entremetteuse et propagandiste ». Le PNAT présente ainsi Émilie König comme une « véritable égérie » du groupe EI.
En 2014, l’ONU l’avait placée sur sa liste des combattants les plus dangereux, relevant notamment des vidéos où elle s’entraînait au maniement d’un fusil et encourageait « à commettre des actes violents » en France contre des institutions ou des épouses de militaires.
[2/2] Affaire Évelyne Boucher : deux décennies pour établir la vérité
ÉcouterRadicalisation progressive
Née en 1984 à Lorient, Émilie König, dont la jeune a été marquée par des violences sexuelles et physiques, s’est convertie à l’islam à l’âge de 17 ans, avant de se radicaliser progressivement.
Proche de la mouvance Forsane Alizza, la jeune femme a quitté la France en 2012 pour rejoindre les rangs de Daech, sans ses deux enfants nés en France. Elle y rejoint un homme épousé religieusement, issu d’une filière djihadiste nîmoise, et tué par la suite dans une offensive de l’EI.
Recherchée par la France depuis 2015 dans le cadre d’une enquête liée à la filière dite « de Nîmes » (Gard), la djihadiste française avait été arrêtée par les forces kurdes en Syrie fin 2017 et placée dans un camp de prisonniers djihadistes du nord-est du pays.
En juillet 2022, elle avait été rapatriée en France avec 50 autres personnes, dont 16 mères, lors d’un premier retour massif de femmes et d’enfants français depuis la chute en 2019 du « califat » de l’État islamique.