Stoppé par des problèmes physiques importants, Christophe Laporte a longtemps vécu l’enfer en 2025, avant de pouvoir (enfin) reprendre la compétition fin août. Plus déterminé que jamais, l’ancien Champion d’Europe, 33 ans désormais, a fini la saison en boulet de canon en terminant coup sur coup 3e de Binche-Chimay-Binche puis 2e de Paris-Tours, dont il était tenant du titre, avant de remporter le tout nouveau Tour de Hollande. Voilà désormais le Varois prêt à disputer une saison pleine en 2026. DirectVelo s’est entretenu avec Christophe Laporte ce mardi en fin d’après-midi, à l’occasion de la journée médias de sa formation Visma-Lease a bike.
DirectVelo : On imagine que tu as pu travailler sereinement cet hiver après ta grosse fin de saison 2025 ?
Christophe Laporte : C’était important dans le sens où avant ce retour, ça a été une longue période sans m’entraîner, sans vélo. J’ai eu le temps de me demander si j’allais pouvoir un jour retrouver mon niveau d’avant. J’avais besoin de cette fin de saison pour pouvoir me projeter sur la saison 2026 comme s’il ne s’était rien passé en 2025, grâce au fait d’avoir retrouvé un excellent niveau en fin de saison. Je n’ai aucun doute quant au fait de retrouver mon meilleur niveau.
Tu avais déjà connu des soucis en 2024. Cette première expérience désagréable t’a-t-elle aidé pour ce qu’il s’est passé l’an dernier ?
Pas vraiment car c’était différent. Je m’étais fait opérer d’un problème à la selle, il y avait des dates précises pour revenir, avec dix jours sans vélo. Mais cette fois, avec ce virus, on n’avait aucune idée de ce qu’il allait se passer, les médecins me disaient d’attendre. Il n’y avait pas de point de mire. Je me réveillais tous les matins en espérant que ça aille mieux mais ça a pris du temps.
Et une fois que tu as enfin pu reprendre, c’est revenu d’un coup ?
Non, au début c’était difficile car pendant un mois et demi, j’étais vraiment fatigué, j’avais des maux de tête même en allant courir dix minutes, il fallait que je rentre m’asseoir à la maison… C’était dur à vivre. Dès que je faisais quelque chose, j’avais du mal à récupérer. J’ai repris le vélo petit à petit, une heure par ci par là, après trois ou quatre mois. Et même là, je sentais qu’il y avait encore des symptômes. C’est revenu vraiment doucement. Mentalement aussi, c’était difficile, mais j’étais bien accompagné par ma famille, mes enfants. Quand ça ne va pas trop, dans ces cas-là, ça fait du bien, heureusement que j’avais ça sinon, tout seul, ça aurait été compliqué car c’était la période la plus difficile de ma carrière.
« J’AI ENCORE PLUS DE MOTIVATION QUE LES AUTRES ANNÉES »
Que peux-tu espérer des Classiques flandriennes, au côté de Wout van Aert, et alors que Tiesj Benoot a quitté la Visma et que Matteo Jorgenson va se focaliser sur les Ardennaises ?
Je veux apporter des résultats. J’ai déjà montré que je pouvais gagner sur les Classiques. Il sera important d’être là en nombre. C’est bien d’être là avec Wout mais aussi Matthew (Brennan). L’objectif sera de gagner un ou des Monuments, que ce soit San Remo, le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix, qui a toujours été celle qui me correspond le mieux et qui me tient le plus à cœur. C’est ma course favorite, et celle où je peux me permettre le plus d’espérer faire un résultat.
On imagine que tu as la rage de vaincre après cette année si frustrante !
C’est sûr que j’ai encore plus de motivation que les autres années après ce qu’il s’est passé. Je me rends encore plus compte que j’aime ce que je fais et que je dois en profiter. Je veux donner le maximum tant que je le peux en continuant de courir comme je l’ai toujours fait.
Penses-tu avoir retrouvé ta pointe de vitesse également, car tu t’étais montré frustré à Paris-Tours…
C’était une question d’entraînement. Mon sprint était très bon en fin de saison mais pas après quatre heures et demi d’une course dure. Le niveau est revenu avec les jours de course, j’avais un niveau assez faible au début, à Hambourg puis au Renewi Tour. J’ai voulu courir de façon offensive sur les épreuves suivantes pour me prouver à moi-même que j’avais le niveau pour faire la différence. Mais du coup, ma condition globale ne me permettait pas de produire la même puissance que d’habitude dans le final. Maintenant, après un bon hiver d’entraînement, il n’y a pas de raison que ça ne revienne pas normalement.
« JE NE VAIS PAS ARRÊTER À LA FIN DE LA SAISON »
Pendant cette longue période loin des compétitions, as-tu eu le temps d’avoir peur de perdre ce rôle important que tu as dans le groupe ?
J’avais surtout peur de ma situation, de ne pas pouvoir retrouver mon niveau. Ma place dans le groupe, ça ne m’a pas inquiété car en retrouvant mon niveau, j’allais forcément aussi retrouver ma place.
T’imagines-tu continuer encore longtemps ?
Pas dix ans, c’est sûr (rire), je réfléchis à combien d’années je pourrais encore continuer mais honnêtement, à ce stade je ne le sais pas. Je suis en fin de contrat, peut-être que mon prochain contrat sera le dernier, je n’en sais rien. Je ne m’en préoccupe pas trop, j’ai juste envie de prendre du plaisir sur le vélo et de gagner des courses pour l’équipe. Le jour où je prendrai moins de plaisir, je réfléchirai. Mais je ne vais pas arrêter à la fin de la saison 2026, ça c’est sûr.
Être en fin de contrat, ça change quelque chose dans ta façon d’aborder cette saison ?
Non, pas vraiment. C’est sans doute davantage le cas quand on est un jeune coureur car on a envie de progresser etc. De mon côté, à ce stade de ma carrière, je ne vais pas dire que je n’ai plus rien à prouver mais je connais mon niveau et ma valeur. J’ai juste envie d’être performant. Tant que ce sera le cas, je n’aurai pas de soucis à me faire.
Le programme de Christophe Laporte pour le début de saison 2026 :
Janvier : Stage en Sierra Nevada pendant 15 jours
18/02 – 22/02 – Tour d’Andalousie (2.Pro)
28/02 – Omloop Nieuwsblad (1.UWT)
01/03 – Kuurne-Bruxelles-Kuurne (1.Pro)
21/03 – Milan-San Remo (1.UWT)
27/03 – E3 Saxo Classic (1.UWT)
01/04 – À travers la Flandre (1.UWT)
05/04 – Tour des Flandres (1.UWT)
12/04 – Paris-Roubaix (1.UWT)