L’ancienne usine Molson du Centre-Sud de Montréal s’est réveillée samedi dernier avec un nouveau coup de peinture : des graffitis ont été apposés sur ses façades est et ouest durant la nuit. Le propriétaire du bâtiment, le groupe Montoni, dénonce « un acte de vandalisme ».
« À ce stade, rien n’indique qu’il y ait eu un vol, seulement ce geste isolé », précise Jean‑Baptiste Portrait, responsable des communications du promoteur, dans une déclaration. « Ce type d’événement, qu’il soit artistique ou non, demeure regrettable, particulièrement lorsqu’il touche un emblème patrimonial. »
Les graffitis prennent la forme de lettres imitant la police du logo de Molson, qui se trouve sur les façades de l’ancienne brasserie, et utilisent ce dernier pour former des mots.
Ainsi, le premier « O » du logo Molson de la face ouest est utilisé pour écrire, à la verticale, le mot « Kong » juste en dessous de l’emblématique horloge. Le « S » du brasseur agit pour sa part comme première lettre du mot « Sluk ». De fausses coulures de peintures ont aussi été ajoutées au « O » du logo.
Sur la façade est, c’est le deuxième « O » qui forme « Kaoe » et le « N » qui est utilisé pour le mot « June ».
Des signatures ?
Ces graffitis grand format pourraient être des signatures révélant les auteurs des graffitis. Kong et Sluk sont deux graffeurs connus à Montréal, ayant tous deux réalisé des graffitis le long d’immeubles ou de structures à travers la métropole. Aucun artiste n’a toutefois revendiqué publiquement les graffitis.
Sur son compte Instagram, Kong se filme et se photographie en train de réaliser ses graffitis où son pseudonyme est à l’honneur. Ce dernier est souvent en train de descendre des structures en rappel, peinture en aérosol ou pinceau à la main.
Le groupe Montoni indique être en contact avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) quant à l’événement. Un rapport a été rempli samedi.
Pour ce qui est du nettoyage, « une firme spécialisée en antigraffiti était sur place ce dimanche afin de prendre des mesures et d’évaluer les moyens et les méthodes pour le nettoyage du graffiti, tout en préservant le caractère patrimonial du site », affirme M. Portrait. Lundi, les graffitis étaient toujours en place.
Le promoteur assure également que « le site [de l’ancienne usine Molson] est sécurisé selon les plus hauts standards ».
L’usine montréalaise de Molson a fermé ses portes en 2021 à la suite du déménagement de ses activités à Longueuil. Sur le site situé proche du pont Jacques-Cartier est prévu un nouveau quartier, accompagné de près de 5000 logements.