Par

Clément Mazella

Publié le

13 janv. 2026 à 17h50

Pour Terry Bouhraoua, 2026 a débuté par un vol en avion. Un vol qui l’a ramené en France, après quasiment 3 ans d’exil au Mexique. Cette destination exotique, inattendue dans le monde du rugby, elle lui « a redonné un sens ». Car Terry a vécu une période personnelle très compliquée à la fin de sa carrière de joueur. Au Mexique, l’ancienne star de France 7 a occupé les fonctions de directeur sportif des équipes nationales de rugby à 7, mais aussi entraîneur des 3/4 de la sélection à XV. « J’aimais ma situation là-bas. J’aurais bien continué par facilité et confort », dit-il auprès d’Actu Rugby. Mais un changement au sein de la Fédération a engendré la fin de sa mission. Aujourd’hui, Terry Bouhraoua, meilleur réalisateur de l’histoire de France 7, est à la recherche d’un nouveau défi. En France, ou partout ailleurs. Car le goût de l’aventure, il est ancré en lui.

Terry Bouhraoua rêve d’un nouveau défi

Lorsque l’on a échangé avec lui, Terry Bouhraoua venait d’avoir la veille la proposition d’un projet. Il n’en dira pas plus, « pour ne pas se porter la guigne ». Juste que c’est autour du rugby à 7. Le garçon de 38 ans, formé à Châteaudun, passé par le Stade Français ou Béziers, ne ferme aucune porte : à 7, à XV, peu importe.

« J’aimerais un projet avec un peu plus d’ambitions que celles qu’avait le Mexique. Je crois que j’ai des capacités pour prendre un rôle d’entraîneur des 3/4. La stratégie offensive du rugby à XV m’a toujours intéressé. Sinon, head coach d’une sélection à 7, un peu supérieure au Mexique, ou bien d’un club français à 7 », explique « Le petit général ». « Je suis excité de voir ce qu’il va se passe. J’ai toujours en moi un peu d’ambition ».

En France, ou ailleurs, cela lui est égal. D’origine algérienne, Terry a une âme de globe-trotteur. Il a fini sa carrière de joueur en Espagne. Et n’a pas hésité à partir au Mexique. « Le rugby, c’est un prétexte. Un prétexte pour vivre des aventures, des émotions, des victoires, des défaites. Je crois que plus tu as d’expériences différentes, plus tu t’enrichis comme entraîneur ». 

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Pas de propositions encore en France

Terry Bouhraoua nous l’avoue aussi : il n’a pour l’instant reçu aucune proposition en France. « Aucun appel du pied. Peut-être qu’il faudrait que je le provoque plus », soupire-t-il. « Après, c’est ma façon d’être. J’ai besoin de me sentir un peu désiré ». 

Une absence de proposition qui peut aussi s’expliquer par son exil de près de 3 ans au Mexique, avec une perte de visibilité. Sans oublier que le monde des entraîneurs est très fermé, et que les opportunités sont rares.

Il pourrait profiter de la présence de son frère, Boris, actuellement entraîneur en chef à Biarritz. Mais Terry n’est pas de ce genre : « Je ne veux pas d’un poste car je suis « frère de » ou que mon frère est en place quelque part. Si Boris pense que je peux lui être utile, alors pourquoi pas. Mais pas autrement ». 

L'ancien capitaine emblématique de France 7, Terry Bouhraoua,
Terry Bouhraoua est le meilleur réalisateur de l’histoire de France 7. (©Icon Sport)

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Un CV atypique

Le CV d’entraîneur de Terry est atypique. Et peut clairement en séduire plus d’un. Au Mexique, l’ancien joueur de poche a passé son quotidien à se débrouiller dans un pays où le rugby n’est clairement pas le sport roi. « Vu que ce n’était même pas dans la culture des gens, tout était encore plus compliqué », admet Terry Bouhraoua.

Compliqué pour trouver des sponsors, des partenaires, obtenir de l’argent pour faire des stages, prendre des billets d’avion… « Forcément, tu ne peux pas espérer des résultats flamboyants. Ils dépendent beaucoup de l’économie autour. Mais j’en retire plein de choses positives. Car j’ai trouvé, au milieu de cette difficulté, des passionnés qui sacrifient des moments de leur vie pour ce sport ».

Bouhraoua poursuit : « J’ai aimé cette place de petit au milieu des grands, et cette envie de bousculer la hiérarchie. J’ai apprécié aussi de voir le fonctionnement de toutes les strates d’une fédération, c’était super intéressant pour ma curiosité ». 

Terry Bouhraoua est parti au Mexique pour aider au développement de la fédération mexicaine de rugby à 7
Terry Bouhraoua est parti au Mexique pour aider au développement de la fédération mexicaine de rugby à 7 (©fédération mexicaine rugby à 7)Le Mexique lui a « sauvé la vie »

Terry Bouhraoua retient aussi de ses 3 ans au Mexique les « deux mondes » qu’il y a dans le rugby : « Le rugby de haut niveau, il appartient à 8 équipes. Le reste, il s’amuse. Quand tu es petit, le système est presque voué à te laisser petit. Je ne l’ai pas découvert, mais je l’ai bien vu en face cette réalité ».

En raison d’un changement de présidence, et donc d’une nouvelle stratégie d’orientation pour le rugby au Mexique, Terry Bouhraoua n’a pas été gardé. Son contrat permet de faire des économies. Terry est donc parti, sans animosité. Car il sait ce qu’il doit au Mexique.

Quand il n’avait rien, c’est ce pays qui lui a tendu la main. « J’ai flirté avec le très bas. Les dirigeants mexicains m’ont presque sauvé la vie et me donnant cette opportunité. Franchement, c’était une très belle expérience. Elle m’a redonné un sens. Je ne remercierai jamais assez le Mexique », lâche, ému, Terry Bouhraoua.

Et désormais, c’est une nouvelle page que l’ex-international français veut écrire…

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