« Nous nous tenons aux côtés des victimes », a martelé Olivier Riant qui dirige l’ensemble scolaire depuis septembre 2024 et qui est venu à la rencontre de la quinzaine de manifestants qui distribuaient des tracts aux parents, qualifiant de « déflagration » les éléments révélés par l’enquête judiciaire.

Le directeur coordinateur de l’établissement, Olivier Riant, est venu à la rencontre des manifestants devant l’école Saint-Genès, ce mardi 13 janvier au matin.

Le directeur coordinateur de l’établissement, Olivier Riant, est venu à la rencontre des manifestants devant l’école Saint-Genès, ce mardi 13 janvier au matin.

Fabien Cottereau / SO

« On a été écœurés »

Au-delà des faits reprochés à l’enseignant, l’enquête menée par les policiers bordelais a mis en lumière une première alerte survenue en 2011 lorsqu’une mère d’élèves s’était inquiétée auprès de la direction que l’instituteur reçoive des fillettes dans sa classe pendant la pause de midi, porte fermée, et leur bande les yeux afin de les faire jouer au « jeu du goût ». Cette alerte, qui ne faisait pas état de faits de nature sexuelle, n’avait pas dépassé le stade d’un rappel à l’ordre de l’enseignant, sans déclencher d’enquête interne approfondie.

Près de quinze ans plus tard, la justice soupçonne que cette pratique recouvrait en réalité des viols commis sur ces élèves – l’enseignant conteste ce volet du dossier. « La réalité, c’est que l’alerte de 2011 n’a pas été traitée au niveau de ce qu’elle aurait dû être au regard de ce qu’on sait aujourd’hui », concède Olivier Riant.

« On a une nouvelle direction qui mène aujourd’hui des actions concrètes. On travaille ensemble pour faire en sorte que ce qui s’est passé n’arrive plus »

Président de l’association des parents d’élèves (Apel), Julien Védrines relate « la révolte » qu’a suscitée l’information auprès des parents. « On a été écœurés contre l’établissement. » Selon ce parent d’élève, « les premières rumeurs sur cette alerte sont apparues quelques jours après l’incarcération de Gilles Delignac. […] On a essayé d’avoir des réponses mais ça a été difficile. Au début, l’ancienne direction a contesté, puis ça a fuité. Aujourd’hui, c’est avéré », souligne le président.

« Je veux être optimiste »

La question de la responsabilité de l’établissement, notamment au regard de cette alerte en 2011, mais aussi d’autres éléments de comportement de l’enseignant, fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire distincte diligentée par le parquet de Bordeaux à la suite d’une plainte déposée en novembre dernier par plusieurs parents d’élèves et de victimes aujourd’hui majeures.