Un an après la mort d’une cycliste de 28 ans, fauchée par la conductrice d’une fourgonnette, le 14 janvier 2025 à Rouen, ses proches et des membres de l’association Sabine, l’asso vélo de Rouen, se sont retrouvés sur les lieux du drame en sa mémoire et en présence de Maéva, l’une des deux rescapées.
Un hommage était organisé mardi 13 janvier 2026, à Rouen, un an presque jour pour jour après la mort d’Élina, une jeune cycliste de 28 ans, volontairement percutée par la conductrice d’une fourgonnette, le 14 janvier 2025. Une vingtaine de personnes, des proches et des membres de l’association Sabine, l’asso vélo de Rouen, se sont retrouvés sur les lieux du drame, à l’angle de la rue Alsace-Lorraine et de la rue Molière. Parmi les personnes présentes, Maéva, l’une des deux rescapées.
Elle est arrivée discrètement à vélo, une fleur blanche à la main. Maéva est l’une des deux survivantes du drame qui a coûté la vie à Elina. Après plusieurs mois d’hospitalisation et six interventions chirurgicales pour de graves blessures aux jambes, la jeune femme de 32 ans a repris son travail à mi temps, très souriante, mais très émue et encore éprouvée par ce qu’elle a vécu le 14 janvier 2025 et dont elle n’a aucun souvenir. « Je me souviens juste être partie de chez moi et après je me souviens juste me réveiller à l’hôpital », raconte Maéva. « J’ai consulté un neuropsychologue, sachant qu’en plus je suis moi-même neuropsychologue, j’ai discuté avec lui des souvenirs de l’accident, voir s’il y avait des risques que des choses me reviennent. On a conclu, que sûrement rien ne me reviendrait », explique la jeune femme, victime d’un traumatisme crânien.
Elina est morte, tuée par une automobiliste à Rouen, le 14 janvier 2025. © Radio France – Christine Wurtz Des blessures physiques, mais aucun souvenir
Elle a pourtant tout essayé, dès sa sortie du centre de rééducation des Herbiers à Bois-Guillaume. « Je suis quand même venue ici pour voir si jamais j’avais des souvenirs qui revenaient en passant devant les lieux et finalement, rien n’est revenu », confie-t-elle. Elle est remontée sur un vélo et là non plus, rien n’est revenu. « J’ai passé les étapes les plus importantes et rien ne me revient », constate la jeune femme qui le considère néanmoins comme une chance, une force. « Parce qu’au moins, je n’ai pas d’images, j’ai eu cette chance là de survivre à quelque chose d’exceptionnel et de très brutal », sourit Maéva.
Un procès suspendu aux conclusions de l’expert psychiatre
Sur les lieux, la ville a fait poser une plaque en mémoire d’Élina, juste à côté du vélo blanc accroché là depuis presque un an. Juliette dépose des fleurs régulièrement pour qu’on n’oublie pas son amie. Ce moment de recueillement, « Ça me fait chaud au cœur », confie la jeune femme. « Qu’on n’oublie pas, qu’on n’oublie pas aussi que c’était intentionnel, que ce n’était pas un accident. »
L’enquête a confirmé que la conductrice avait délibérément foncé sur les trois jeunes femmes en accélérant. L’avocat des victimes attend maintenant les conclusions du psychologue et du psychiatre qui seront déterminantes dans la suite de l’instruction. « À ma connaissance, devant le psychologue, on n’a pas eu une remise en cause de quoi que ce soit de ses premières déclarations. Donc on est toujours sur la même ligne de conduite, avec aucun regret, explique Maître Marc Absire. Elle va être de nouveau auditionnée. On va lui demander si elle réitère les propos qu’elle a tenus en garde à vue, c’est-à-dire la reconnaissance de sa volonté de tuer. »
Si le psychiatre juge que le jugement de la quadragénaire était aboli au moment des faits, elle sera considérée comme pénalement irresponsable et ne sera pas jugée. S’il retient une simple altération du discernement, il y aura bien un procès. C’est en tout cas ce qu’espèrent les victimes, peut-être fin 2026 ou début 2027, même si elles s’attendent à vivre une nouvelle épreuve. La conductrice est mise en examen pour meurtre et tentative de meurtre et a été placée en détention provisoire après une courte hospitalisation en psychiatrie.