Publié14. janvier 2026, 06:12
Musique: Daniel Balavoine nous quittait il y a pile 40 ans
Celui à qui l’on doit «Je ne suis pas un héros», «Sauver l’amour» ou encore «L’Aziza» était une star engagée. Il n’avait que 33 ans lorsqu’il s’en est allé tragiquement.


Daniel Balavoine s’en est allé il y a 40 ans, le 14 janvier 1986, à 33 ans.
Capture écran RTBF
C’est peu dire que la nouvelle avait, à l’époque, créé un choc pour toute une génération: le 14 janvier 1986, on apprenait la mort accidentelle de Daniel Balavoine. À 33 ans, le chanteur français – dont la chanson «L’Aziza» était alors multidiffusée sur toutes les radios – suivait le Paris-Dakar non pas comme concurrent mais comme ambassadeur d’une action humanitaire qui souhaitait installer des pompes à eaux dans des villages africains, Paris du coeur.
Ce funeste 14 janvier, Daniel Balavoine prend place, en début de soirée, dans l’hélicoptère du patron du Paris-Dakar, Thierry Sabine. Ce dernier, à bord, embarque également la journaliste de «VSD» Nathalie Odent et le technicien radio Jean-Paul Le Fur. L’appareil, piloté par le Suisse François-Xavier Bagnoud, décolle. Et finira plus tard par s’écraser, après avoir accroché une dune rendue peu visible par des conditions venteuses, une tempête de sable et l’obscurité. Aucun des passagers ne survit au crash.
Des tubes…
En France et dans tous les pays francophones, l’émotion est immense, face à ce tragique coup du destin. Car Daniel Balavoine était au moment de sa disparition l’idole de toute une génération. Et sans doute au sommet de sa trop courte carrière. Il s’était fait connaître à la fin des années 1970 grâce à son troisième album, «Le chanteur», et à sa participation à la comédie musicale «Starmania» où sa voix perchée faisait merveille.
Daniel Balavoine a ensuite enchaîné les succès dont certains restent encore des tubes indémodables dont les radios actuelles raffolent: «Mon fils, ma bataille», «Je ne suis pas un héros», «Pour la femme veuve qui s’éveille», «La vie ne m’apprend rien», «Tous les cris les SOS», «Sauver l’amour» ou encore «L’Aziza» sonnent comme autant d’appels à l’amour, à la solidarité. Et à l’amitié et le respect entre les peuples.
…et des combats
Car Daniel Balavoine était un chanteur engagé. Très conscient, pour son jeune âge, des dérives de son époque, il n’hésitait pas à prendre position, à défendre son point de vue. À taper du poing sur la table, également, lorsqu’il le fallait. Comme lors de sa célèbre intervention au journal d’Antenne 2, face à François Mitterrand, alors Premier secrétaire du parti Socialiste, le 19 mars 1980, où il se fît le porte-parole d’une jeunesse en pleine perte de repères politiques.
«J’ai le souvenir d’un garçon très sympathique, raconte l’ancien animateur de la Télévision suisse romande d’alors et actuel chroniqueur du matin.ch Jean-Charles Simon. Je l’avais rencontré à Genève dans le cadre d’une émission que j’animais. C’était peu après son intervention face à Mitterrand. Après l’interview d’usage, nous avions bavardé une bonne demi-heure en privé du rôle des artistes face aux politiques. Il avait pris le temps. Parfois, avec les gens que l’on rencontre, ça accroche ou pas. Là, ça avait accroché.»
Conscient du monde dans lequel il évoluait, Daniel Balavoine voulait notamment se battre contre la famine qui sévissait en Afrique, lorsqu’il a été fauché par la mort. Qu’aurait-il fait, si sa vie n’avait pas été si tragiquement interrompue? Il aurait sans doute poursuivi ses combats, sorti l’album en anglais sur lequel il travaillait et serait resté probablement le no 1.
1986… Une année bien tragique qui allait voir, quelques mois après la disparition de Daniel Balavoine, le décès de Coluche, en juin. Puis celui de Thierry Le Luron, en novembre. Trois empêcheurs de tourner en rond, chacun dans son style, dont on aurait encore eu bien besoin aujourd’hui.