« Toujours aussi trash, Éboué. » Signé d’un spectateur sortant des Folies Bergère (Paris IXe), le verdict est asséné avec un sourire gourmand aux lèvres. « Trash », oui, mais pas grand-chose à mettre à la poubelle. Dans son cinquième spectacle baptisé « Solitudes », Fabrice Éboué, 48 ans, égratigne la terre entière, ou presque, pendant une heure et demie. Aucune vache sacrée, aucun tabou ne résiste à la fausse nonchalance de l’humoriste révélé dans la première saison du Jamel Comedy Club. Il y a déjà vingt ans.

Depuis, la calvitie a grignoté du terrain. « Profitez, c’est le dernier spectacle que je fais avec cette coupe de cheveux », balance-t-il d’entrée de jeu au public, se moquant d’abord copieusement de lui-même — « on m’a proposé d’être l’égérie de la bière 8.6 » — comme pour mieux s’autoriser ensuite à vanner les autres. L’humoriste, né dans une famille de gynécologues, revient aussi sur son statut de canard boiteux, renvoyé sept fois d’établissements scolaires avant de se faire virer de son job de bagagiste à Disneyland. « Tu n’as pas l’esprit Mickey », lui aurait asséné son manager.