Fondé en 2019, l’Observatoire des Camps de Réfugiés (O-CR) vient de changer de présidence : Juliette Cailloux remplace la fondatrice, l’eurodéputée Rima Hassan. La jeune bordelaise âgée de 28 ans incarne une génération d’actrices du monde associatif qui articulent engagement de terrain et rigueur analytique.

Édition abonnés, Entretien

Walid Salem

Publié le 14 janvier 2026  ·  

Imprimé le 14 janvier 2026 à 09h41  ·  

7 minutes

Formée en animation sociale, diplômée en gestion de projet puis en coopération internationale et développement à l’IEP de Bordeaux, Juliette Cailloux s’est engagée dès 2018 auprès de personnes exilées à Bordeaux, avant de vivre et travailler dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie.

Cette expérience, prolongée par des recherches menées entre la Palestine et le Liban sur les conditions de vie et la transmission de la mémoire dans les camps, nourrit aujourd’hui son engagement au sein de l’Observatoire des Camps de Réfugiés (O-CR) : association scientifique reconnue d’intérêt général qui enquête, cartographie et visibilise les réalités des camps de réfugiés.

Alors que les politiques migratoires européennes tendent à invisibiliser toujours davantage les personnes exilées, Juliette Cailloux défend une approche fondée sur les données, la transparence et la dignité. Son engagement la conduit à rejoindre l’Observatoire des Camps de Réfugiés en 2022, implanté à Paris, d’abord dans des fonctions de plaidoyer, puis de gouvernance. Elle en devient présidente, aux côtés de ses activités professionnelles dans le micro-crédit, en septembre 2025, succédant ainsi à l’eurodéputée Rima Hassan.

Camp de Palestiniens à Burj Al Barajneh au Liban, 2021 Photo : DR

Rue89 Bordeaux : Qu’est ce que l’Observatoire des Camps de Réfugiés ? Quels sont ses financements et de quels moyens humains dispose-t-il ?

Juliette Cailloux : L’Observatoire est une association scientifique, reconnue d’intérêt général, dont le cœur de métier est d’enquêter, d’informer et sensibiliser sur les réalités des camps et des lieux d’encampement à travers le monde. Le siège est à Paris, avec environ une trentaine de bénévoles sur place, et nous coordonnons un réseau de près de 80 personnes, bénévoles ou chercheurs, dans différents pays. Depuis 2019, nous avons mobilisé environ 600 bénévoles, mais nous avons volontairement réduit les effectifs pour concentrer l’action sur un noyau stable et expérimenté.

Le financement repose principalement sur les adhésions et les dons privés. Nous avons mis en place une veille des partenariats financiers publics et privés, répondons à des subventions et sollicitons des fondations. Nous bénéficions aussi d’un mécénat de compétences, notamment avec une société qui développe notre plateforme de données cartographiques.

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