Le Premier ministre français Sébastien Lecornu

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu

Le Premier ministre Sébastien Lecornu fait face ce mercredi à deux nouvelles motions de censure du Rassemblement national (RN) et de La ‍France insoumise (LFI) visant à protester contre l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur.

Les Vingt-Sept ont donné leur accord pour la signature de ce traité controversé, malgré l’opposition de ‌la France, ouvrant la voie à sa ratification. Le RN et LFI entendent dénoncer « l’hypocrisie » de la position française sur ce sujet.

« Jamais l’exécutif français ne s’est réellement ​donné les moyens d’empêcher l’adoption de cet accord », est-il indiqué dans la motion ⁠déposée par LFI.

Les deux motions seront examinées à l’Assemblée nationale après la séance de questions au gouvernement prévue à 14h00 (13h00 GMT), avec un premier ⁠vote prévu sur celle déposée ‍par LFI – la plus dangereuse pour le gouvernement de Sébastien ⁠Lecornu.

Les socialistes ayant écarté un soutien aux deux motions de censure, celles-ci ont toutefois peu de chances d’être approuvées. D’autant que les Républicains ne devraient pas choisir de censurer le ​gouvernement sur la question de l’accord UE-Mercosur, Paris s’y étant opposé.

Ces motions interviennent alors que le gouvernement reste par ailleurs embourbé dans de difficiles discussions budgétaires. Les débats sur ⁠le projet de loi de finances (PLF), dans sa version remaniée par le ​Sénat, ont repris mardi à l’Assemblée nationale.

Mardi, la porte-parole Maud ​Bregeon a reconnu que ​des « points bloquants » persistaient, notamment sur l’imposition des grandes entreprises et la contribution des collectivités territoriales. ​Et indiqué que « rien n’était exclu » pour faire ⁠adopter le budget, pas même le recours à l’article 49.3 de la Constitution.

Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas recourir à un passage en force à l’Assemblée nationale mais pourrait finalement y être contraint face à l’impasse parlementaire, avec alors la possibilité qu’une nouvelle motion ‌de censure, beaucoup plus à risque cette fois, soit déposée.

Le Premier ministre a tenté vendredi un coup de pression en brandissant la menace d’une dissolution en cas de chute de son gouvernement, avant de tempérer.

« Je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution. Mon combat, c’est la stabilité et repousser le désordre », a-t-il déclaré samedi ‌au Parisien.

(Rédigé par Blandine Hénault)