« Dans un monde saturé de bruit, le silence peut-il encore parler ? » Peut-on viser l’excellence sans sacrifier l’essentiel ? « À force de viser la perfection, la danse perd-elle son âme ? «
Autant de questions sur lesquelles ces collégiens, volontaires et sélectionnés, ont planché lors d’ateliers préparatoires. À l’origine du projet, Philip Moreau, « fasciné par l’oralité », et Julie Reymond, tous deux assistants d’éducation et convaincus des bénéfices d’un tel exercice pour préparer au mieux le brevet, bien au-delà de cette échéance. Ce lundi, sur la scène de l’amphithéâtre du collège, chaque élève disposait de cinq minutes maximum pour défendre point de vue. Dans le public, quelques camarades, mais également deux invitées de marque : maîtres Lola Zucchelli et Claire Jacquot, avocates au barreau de Marseille et finalistes d’un concours d’éloquence destiné aux jeunes professionnels, venues écouter, évaluer et encourager ces orateurs en herbe.
« Quand tu as un blanc, respire profondément « .
Toujours bienveillantes et favorablement surprises par « la qualité globale des interventions », elles ont distillé leurs précieux conseils auprès des jeunes très à l’écoute : « Occupe l’espace, associe les actes à la parole, quand tu as un blanc respire profondément, crée l’attente au début de ton intervention – ou encore – fais davantage de silences. » Des astuces reçues cinq sur cinq par des collégiens dont certaines « punchlines » démontraient tout le travail déjà accompli en amont : « L’excellence, c’est donner le meilleur de soi sans se perdre soi-même. Une excellence qui accepte l’erreur comme un apprentissage, qui accepte nos limites tout en repoussant nos horizons. » Ou encore : « La danse ne perd pas son âme quand elle cherche l’excellence. Elle la perd sûrement quand elle oublie pourquoi elle danse. »
En attendant la finale qui se déroulera le 12 juin prochain, les collégiens sont déjà conquis par cette formation qui vient pourtant s’ajouter à leur planning de cours : « Au début j’avais plutôt envie de rejoindre les copains dans la cour. Mais ça m’aide à mieux faire savoir ce que je ressens. Quand on a des débats, ça me donne un avantage pour réunir mes arguments, pour persuader, avec les bons gestes… » confie Ibn Quayyim. Quant à Mïa, qui suis en parallèle un cursus de danse, elle évoque « l’intérêt de réfléchir à des sujets complexes, le fait de gagner en confiance, d’être à l’aise sur scène. »
Et finalement, au milieu de tous ces mots, souvent scandés avec talent, un collégien rappelle à tous avec force que « le silence dit parfois l’essentiel, là où les mots échouent. «