La ligne B du métro rennais a de nouveau été fortement perturbée, ces derniers jours. Dimanche soir, une rame est restée bloquée dans un tunnel, entraînant une interruption du trafic et de fortes difficultés pour les usagers (voir notre article). Ce mardi matin, un nouvel incident est venu s’ajouter à cette série, la circulation étant de nouveau dégradée, comme l’a indiqué l’exploitant sur son compte X (message publié ce mardi matin).
Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de dysfonctionnements observés sur la ligne B, notamment pendant la période neigeuse et depuis son inauguration. Pour l’opposition municipale, ces incidents répétés dépassent largement le cadre du simple aléa technique. Dans un communiqué transmis ce soir à la presse, le groupe Vivre Rennes ! dénonce le pilotage métropolitain. «Depuis sa mise en service, incidents techniques, interruptions de trafic et dysfonctionnements s’enchaînent, sans solution durable», martèlent-ils.
des portillons régulièrement hors service, malgré leur coût élevé et les promesses répétées de fiabilisation.
Carole Gandon ne mâche pas ses mots. « Quand un métro tombe en panne à répétition et que les portillons ne fonctionnent pas, ce n’est plus un incident technique. C’est un échec politique. Quand un service public essentiel dysfonctionne à ce point, les responsables doivent être sanctionnés. Le temps de l’alternance est venu. » La critique vise directement la maire de Rennes, Nathalie Appéré, et son vice-président en charge des mobilités, Matthieu Theurier. Selon l’opposition, ils ne peuvent plus se réfugier derrière des explications techniques alors que les pannes se succèdent et affectent durablement le quotidien de milliers d’usagers.
Même tonalité du côté de Charles Compagnon, tête de liste. « Un métro, c’est la régularité, la confiance, la certitude de pouvoir organiser sa journée. Quand cette promesse n’est plus tenue, ce ne sont pas des tableaux de bord qui souffrent, ce sont des familles, des salariés, des étudiants. Être en responsabilité, c’est fixer un cap, exiger des résultats et rendre des comptes. »
Face à cette situation, VIVRE RENNES ! avance plusieurs propositions. Le groupe appelle d’abord à «la vérité». «Nous souhaitons la réalisation d’un audit technique et organisationnel indépendant, suivi d’une transparence totale sur l’origine des pannes, les responsabilités engagées et les relations contractuelles avec l’exploitant et les industriels. Ce diagnostic devra être suivi de la présentation publique d’un plan d’action précis, chiffré et daté, assorti d’engagements vérifiables.»
L’opposition insiste ensuite sur «l’anticipation». Elle réclame un véritable plan de continuité opérationnel, prêt dès la première minute en cas d’incident. avec des bus relais, des personnels mobilisés et des itinéraires alternatifs clairs. «Il devra être lisible pour les usagers, grands oubliés de la gestion actuelle.» Au passage, les deux élus de l’opposition demandent le respect des engagements contractuels, avec l’activation des clauses de performance, la protection de l’argent public et la reconnaissance de l’effort imposé aux voyageurs lorsque le service n’est pas rendu. «Les usagers attendent un réseau fiable, des équipements qui fonctionnent et des responsables à la hauteur. Aujourd’hui, estiment-ils, ils n’ont ni l’un, ni l’autre.»