Sur la saison en cours et la situation du club, Gérard Lopez n’apporte pas d’éléments nouveaux. Il dit sa confiance dans une montée en Ligue 3, alors que les Bordelais disputeront le dernier match aller ce samedi aux Herbiers, louant le groupe et le staff. « Tout le monde tire dans le même sens. » Il justifie la promotion de Karim Saada : « Il a beaucoup travaillé avec John [NDLR : Williams, directeur sportif parti en septembre] et est très proche de Bruno Irles [entraîneur]. Par exemple, c’est Karim qui est allé chercher Royce Openda et Ludéric Étondé. » Selon nos informations, Karim Saada a convaincu l’entraîneur hésitant au départ pour les deux attaquants.
Fractures ravivées
Comme en juin dernier, le patron du club bordelais réaffirme qu’il tiendra les engagements pris au tribunal de commerce même si l’équipe reste en N2, soit un minimum de 7 millions d’euros à apporter en juin prochain pour le paiement des dettes restantes et couvrir le budget 2026-2027 devant la DNCG. Comme en mars 2022 en Ligue 1, avril 2023 et décembre 2023 en Ligue 2, septembre 2024 et juin 2025 en N2, Gérard Lopez rappelle être ouvert à l’entrée d’investisseurs au capital à ses côtés, et être en contact avec plusieurs d’entre eux. En espérant que la structure de coût du club devenue plus faible permette cette fois de concrétiser. « Nous regardons un peu qui pourrait être sérieux. Nous ne sommes pas pressés », dit-il.
Pour le reste, l’interview devrait raviver la fracture consommée avec nombre de joueurs des années glorieuses, ses ex-salariés limogés en novembre 2024, ceux qui « doutent de l’amour qu’il peut avoir pour son club », et une bonne partie du football français. Gérard Lopez répond vertement à Bixente Lizarazu, très critique, et au président de l’En Avant Guingamp, Frédéric Legrand. Ce dernier s’insurgeait sur la mise en valeur des Girondins sur la chaîne de la Ligue de football professionnel (Ligue 1 +) alors que le club ne paiera jamais l’intégralité des transferts sur lesquels il s’était engagé en 2023 sans en avoir les moyens (pour la France, ceux de Livolant de Guingamp, de Badji d’Amiens, d’Onana de Lille). Gérard Lopez utilise le même argument : lui investit de l’argent, pas eux.
Échecs et réussite
L’Hispano-Luxembourgeois défend son bilan à Bordeaux en évoquant la situation déjà critique du club à son arrivée. « J’ai été là quand personne n’a voulu s’occuper du club la première fois [NDLR : au printemps 2021] », ne prenant pas en compte l’option défendue à l’époque par Jean-Didier Lange et Jean-Louis Triaud (1). Mais il n’évoque pas ses échecs, avec des Marine et Blanc qu’il avait annoncé en juillet 2021 vouloir ramener en Coupe d’Europe sous trois ans : la première descente sportive en Ligue 2 depuis 62 ans après avoir recruté 13 joueurs et choisi l’entraîneur ; la fuite en avant de la saison 2023-2024 avec une masse salariale et des honoraires d’agents jamais vus en Ligue 2 pour terminer à une 12e place et à un dépôt de bilan.
Gérard Lopez le souligne aussi : depuis le tsunami de juillet 2024 qui a emporté la quasi-totalité des salariés, les jeunes alors sous contrat au centre de formation et l’équipe professionnelle féminine, il a évité la liquidation de la SASP Girondins et un probable retour à l’échelon régional par ses apports (entre 10 et 11 millions d’euros la saison dernière) et en réussissant à faire adopter avec son avocat et ses équipes un plan de continuation quasi inespéré au vu du montant des dettes il y a 18 mois (94 millions d’euros ramenés à 26 millions d’euros étalés sur 10 ans). Mais le chemin du succès d’un retour en Ligue 1 visé dans le plan reste encore très long.
(1) Un dépôt de bilan et placement en redressement judiciaire dès ce moment pour faciliter une reprise, qui aurait signifié sportivement au pire une descente en L2 si elle avait eu lieu.