Quel est le rôle d’un artiste dans la société ? Quelle est la manière de faire de la musique aujourd’hui ? Pour répondre à ces questions, Anne Damon-Guillot, professeure à l’Université Jean-Monnet et coresponsable scientifique de l’institut ARTS (Art, Recherche, Territoire, Savoir), convie Raphaël et Théo Herrerias, qui forment le groupe Terrenoire, vendredi à 18 heures, au campus Tréfilerie.

« On essaie de travailler avec des artistes de différentes disciplines »

Avec Camille Roelens (université Claude-Bernard à Lyon), la musicologue co-animera ce rendez-vous ouvert au public (1) : « On a déjà eu l’occasion de travailler avec Terrenoire, lors de leur résidence artistique au musée de la Mine en 2024. Plus généralement, on essaie de travailler avec des artistes de différentes disciplines pour échanger sur leurs pratiques, leurs manières d’être. On a déjà reçu ORLAN, Ella & Pitr et on va faire un travail avec Fils Cara bientôt. »

Cette conversation, intitulée « Entendre et s’entendre », s’articulera autour de deux volets : « On parlera de leur production musicale pour comprendre comment Raphaël et Théo fabriquent leurs morceaux, poursuit Anne Damon-Guillot. Puis il y aura cette idée de comment on s’entend et on s’écoute aujourd’hui et la question de leur manière d’être des artistes. »

Des extraits de quatre chansons du duo engagé, sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique 2022, serviront de support aux discussions : Jusqu’à mon dernier souffle (issu de son premier album Les Forces contraires -2020-) ainsi que Vivre sobrement, Hotline Gorgone et Le Fou dans la voiture (trois titres du disque protégé.e publié l’année dernière). Cette dernière chanson est un cri de colère (« Y’a un fou au volant de la voiture »/« Il tourne à droite »/« Maman très à droite ») qui « malheureusement résonne bien aujourd’hui » selon Raphaël Herrerias : « On a écrit cette chanson il y a plusieurs années. Elle traduit la sensation globale d’une période de basculement politique. »

« La musique permet un espace de parole »

Le groupe, qui a rendu hommage à la ville de Saint-Étienne avec Bernard Lavilliers en 2021 (NDLR : Je tiens d’elle), a l’habitude de rencontrer du public dans le cadre de son travail : « On essaie toujours de penser le lien entre la musique et le lieu où nous sommes, poursuit l’aîné des frères Herrerias. Notre tournée est pensée comme ça, on passe plus de temps avant les concerts dans les villes où on joue (NDLR : Terrenoire se produira la veille à Montbrison pour le festival Poly’Sons -complet-) (2). La musique permet un espace de parole. Les gens viennent parce qu’on est musiciens, puis tout d’un coup, on organise des ateliers d’écriture, des ateliers de chorale… C’est la dimension d’entente presque circulaire que permet la musique. »

(1) Rencontre « Entendre et s’entendre » avec le duo Terrenoire, vendredi, à 18 heures, au campus Tréfilerie (Nouvelle Scène du Bâtiment A). Gratuit mais sur réservation sur www.billetweb.fr (le nombre de places est limité à 150).

(2) Terrenoire sera en concert au Zénith de Saint-Étienne dimanche 24 mai avec Feu ! Chatterton, dans le cadre du festival Paroles & Musiques.