Dans une interview accordée à « Libération », en 2014, Étienne Daho – qui fête ses 70 ans ce mercredi – révélait qu’il était le père d’un garçon. Retour sur l’histoire du fils caché du chanteur, lui-même abandonné par son père.
Il a beaucoup chanté l’amour. Et il l’a vécu. Sans vraiment s’engager. « Ma destinée, c’est peut-être ça : être au service de mes chansons, transmettre quelque chose grâce à elles. Ma vie entière leur sera peut-être réservée, ce qui veut dire mettre une croix sur un certain type de relations paisibles et sécurisantes. Ce que j’ai d’ailleurs failli vivre et que j’ai fui en courant », confiait Étienne Daho, aux « Inrocks », en 2000, précisant qu’il était « passé deux fois près du mariage ». « C’est mon besoin d’intensité, de passion qui veut ça. Je ne pourrais pas me satisfaire de sentiments tièdes », ajoutait-il. Pour le chanteur, les passions ont commencé jeune. Et, à 17 ans seulement, il est devenu père. Une paternité qu’il a longtemps cachée.
« Je suis le père d’un garçon », a révélé Étienne Daho dans « Next », le supplément pop culture de « Libération », en 2014. « Il est né quand j’avais dix-sept ans, à Rennes. Je m’en suis soucié, oui, sur injonction de ma mère. » Mais il n’a jamais été un père pour son enfant, juste un géniteur. Étienne Daho était encore au lycée, il rêvait de musique, d’Angleterre, pas de couches et de bébé. Il découvrait les excès, aussi : « J’ai commencé à faire des bêtises », a-t-il glissé. « J’ai un terrible besoin d’intensité, ce qui m’a fait me retrouver dans des situations dangereuses. Les cigarettes, l’alcool à haute dose, les drogues, le sexe, les rencontres. Je pratiquais énormément le mélange d’alcool et de cachets. » Pas des conditions idéales pour un enfant.
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« Peut-être qu’ensuite, il y en a eu d’autres »
Il a fui les responsabilités, ce qu’admet le chanteur, lui-même abandonné par son père quand il était enfant, élevé par sa mère, seule, avec ses sœurs. « On réalise parfois qu’on reproduit les mêmes erreurs que ses parents. » Étienne Daho se souvient encore de la dernière fois qu’il a vu son père, en Algérie : « J’avais quatre-cinq ans. Il était venu au Cap Falcon en Jeep avec des amis, il m’a serré très fort dans ses bras, ne m’a rien dit et il est parti. Ma mère, mes deux sœurs et moi ne l’avons jamais revu et n’en avons jamais parlé », a-t-il raconté à « L’Obs », en 2017. En 1986, son père s’est présenté à son concert à l’Olympia. Mais Étienne Daho a refusé de leur voir. Il est mort quatre ans plus tard.
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« Je me sentais coupable pour le soir où mon père s’est présenté à l’Olympia. Comme si j’avais voulu lui faire payer son abandon en l’abandonnant à son tour », a ajouté Étienne Daho, qui a plus tard retrouvé « un paquet de lettres non ouvertes », dans lesquelles son père demandait pardon. C’est peut-être pour ça qu’il n’a jamais essayé de renouer avec son propre fils. Interrogé par « Next » sur des retrouvailles, il balayait : « Trop compliqué pour lui. » D’ailleurs, de sa vie débridée et sa sexualité libérée, Étienne Daho n’exclut pas d’avoir d’autres enfants cachés. Mais il n’ira pas les chercher : « Peut-être qu’ensuite, il y en a eu d’autres, vu la vie que j’ai menée. »