Lutter contre la faim, la pauvreté et les inégalités, tout en “renforçant le rôle de l’Allemagne dans le monde”. Voilà l’objectif affiché par le gouvernement allemand avec sa nouvelle stratégie d’aide au développement, présentée en début de semaine, affirme la Deutsche Welle.
L’Allemagne entend résister aux “pressions massives” contre les projets de solidarité internationale, “à l’heure où les États-Unis, autrefois les premiers bailleurs de fonds de l’aide au développement, se sont presque entièrement retirés des programmes d’aide internationale”. Mais en se focalisant sur des zones géographiques précises.
Elle veut aider les pays en crise “qui revêtent une importance stratégique pour l’Allemagne et l’Europe centrale”, proposer des prêts aux économies émergentes, “jouer un rôle de premier plan” dans la reconstruction de l’Ukraine. Mais elle entend surtout coupler sa politique de développement à sa diplomatie et à sa défense.
Un budget en baisse
Ces objectifs sont observés avec scepticisme par la chaîne d’outre-Rhin. “Le ministère de la Coopération et du Développement économique dispose d’un budget d’un peu plus de dix milliards d’euros pour 2026, précise-t-elle. Il y a quatre ans, il en avait près de 14 milliards.”
La ministre sociale-démocrate Reem Alabali Radovan a reconnu que ses budgets ne suffiraient pas à combler les trous laissés par le retrait des États-Unis. Et surtout, qu’ils ne permettraient pas de faire concurrence à la Chine. “La deuxième puissance économique mondiale est engagée depuis longtemps dans les politiques de développement, notamment en Afrique. Et souvent au détriment des pays concernés, estime-t-on côté occidental”, résume la Deutsche Welle.
Plusieurs organisations non gouvernementales se sont félicitées de voir l’Allemagne renforcer ses projets de lutte contre la faim et la pauvreté. Mais l’organisation VENRO, qui regroupe 150 ONG, a aussi émis des critiques. “Les programmes de développement ne doivent pas devenir un instrument au service des intérêts [des donateurs], mais continuer de viser avant tout l’abolition des inégalités mondiales”, a déclaré son président, Carsten Montag, dans les colonnes de la Deutsche Welle.
Certains pays du sud, notamment, risquent de recevoir moins d’aides parce qu’ils ne présentent pas un intérêt stratégique suffisant aux yeux de Berlin. Les pays du Caucase pourraient en revanche bénéficier d’aides renforcées.