À force de scroller, la décoration est devenue un terrain de jeu
ultra-rapide, dominé par des micro-tendances qui promettent un
intérieur spectaculaire… mais vieillissent souvent très mal. Selon
plusieurs designers, ces modes virales, pensées pour les réseaux
sociaux plus que pour la vraie vie, peuvent rapidement générer
fatigue visuelle, lassitude et regrets. Or, en 2026 plus que
jamais, la maison redevient un refuge : un lieu censé apaiser,
porter chance et durer. Voici les trois tendances déco à éviter, si
vous souhaitez un intérieur équilibré, serein… et intemporel.

Les tendances en « -core » : un décor trop figé pour durer

Cottagecore,
grandmacore
, fairycore… Derrière ces appellations séduisantes
se cachent souvent des univers très codifiés,
parfois trop. Pour Nicole Cole, architecte d »intérieur, les styles
en « -core »sont problématiques car ils enferment la décoration dans
une seule lecture, sans marge d’évolution. Le
cottagecore, par exemple, peut rapidement basculer
dans l’excès : accumulation de fleurs, de dentelles, de
volants, jusqu’à créer une atmosphère figée, presque
nostalgique
.

Lauren Saab, designer, rappelle que lorsque tout est doux et
décoratif, l’espace peut perdre son ancrage dans le présent, et
donc son confort sur le long terme. Les chiffres
confirment cette fragilité : selon une étude menée par Level
Frames, les tendances déco ont aujourd’hui une
durée de vie moyenne de 10 mois seulement. Certaines, comme le
weirdcore, ont vu leur popularité chuter de plus
de 17 % en un an. En 2026, si vous ne voulez pas vous lasser, mieux
vaut éviter les univers trop littéraux et privilégier une
décoration capable d’évoluer avec vous.

Dopamine decor et maximalisme excessif : quand trop stimule…
trop

Couleurs saturées, objets joyeux à foison, mélanges audacieux :
la
dopamine decor
promet une maison euphorisante. Mais dans la
réalité quotidienne, l’effet peut s’inverser. Pour Courtney Cole,
architecte d’intérieur chez Tile Cloud, cette
approche favorise souvent l’accumulation au détriment de
l’harmonie, transformant l’espace en source de surcharge
mentale
.

Même constat du côté du maximalisme viral, très populaire sur
TikTok. S’il peut être magnifique lorsqu’il est
authentique et maîtrisé, il devient vite oppressant lorsqu’il est
pensé uniquement pour « faire le buzz ». Un intérieur heureux a aussi
besoin de vide, de respirations
visuelles
, pour laisser l’œil -et l’esprit- se reposer. En
2026, alors que le bien-être
mental
est au cœur des préoccupations, les intérieurs trop
stimulants risquent de produire l’effet inverse de celui recherché
: fatigue, agitation, sentiment de chaos. La chance, dans la
maison, passe aussi par l’équilibre.

La déco inspirée de la nourriture :
charmante… mais éphémère

Sardines, tomates, cerises, champignons : la
nourriture s’est invitée partout dans la déco,
souvent de manière très littérale. Si ces références fonctionnent
sur les réseaux, elles vieillissent rarement bien dans un intérieur
réel. Pour Lauren Saab, le problème n’est pas l’inspiration
culinaire en soi, mais son interprétation trop directe, qui bascule
vite dans le kitsch.

Il en est de même pour la tendance « champignon », pourtant plus
durable que la moyenne, qui a depuis peu connu une baisse de
popularité. En 2026, mieux vaut s’inspirer des

couleurs
, matières ou ambiances plutôt que d’objets figuratifs
qui risquent de lasser très vite.