Le député Rassemblement national Matthias Renault a-t-il été victime d’une erreur de trans… mission ? Le 6 janvier dernier, l’élu de la Somme a déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2026 destiné à sabrer le financement de l’État au secteur associatif, notamment pour les « structures idéologiques et militantes ». Un exemple ? « L’association Trans Musicales, connue pour l’organisation de festivals de musique d’artistes transgenres ».
Que le député, originaire de Lyon, ancien énarque et magistrat financier, ignore que le nom des Trans Musicales vient d’un disque de jazz, passe encore. Mais méconnaître un des plus importants événements français de musiques actuelles peut en revanche faire sourire, et pas qu’à Rennes. La perle a été dénichée par Le Canard enchaîné, qui ironise : « Quelqu’un lui a dit pour les transpalettes et le transsibérien ? ».
Ateliers de slam
D’ailleurs, selon les observations du Mensuel de Rennes, le même Matthias Renault a déposé un autre amendement, cette fois-ci contre l’enveloppe de « transmission des savoirs et démocratisation de la culture », « qui a par exemple subventionné l’association Les Réfugiés poétiques connue pour l’organisation d’ateliers de ‘slam’ ».
Cette petite asso, qui propose des ateliers de poésie avec des collégiens à la MJC de Rillieux-la-Pape (69), ne s’attendait sans doute pas à subir l’ire du député, peut-être urtiqué par la présence du mot « réfugiés » dans son intitulé. Matthias Renault, qui ne cache pas ses ambitions municipales dans la ville d’Airaines (80), s’était fait connaître en octobre pour avoir déposé un amendement (également rejeté) proposant la suppression du CNC, le Centre national du cinéma et de l’image animée, qui dénonçait « l’argent gaspillé dans une vaste entreprise de propagande ».