Les 15 et 22 mars, les quelque 540 000 électeurs marseillais devront voter deux fois simultanément. Un mode de scrutin inédit, qu’on doit à la réforme controversée de la loi PLM, votée en 2025. Principale nouveauté : l’élection du conseil municipal – et in fine du maire – à travers une liste unique à l’échelle de la ville.

Conseil municipal : un vote à l’échelle de la ville

Pour la première fois depuis 1959, les électeurs marseillais pourront voter directement pour la liste des 111 conseillers municipaux qui éliront le maire. Ce nombre a été revu à la hausse (ils étaient 101 jusqu’à présent). Comme dans un scrutin municipal classique, les listes qui dépasseront les 10% des suffrages exprimés au 1er tour pourront se maintenir au 2e tour. Les listes qui obtiendront entre 5% et 10% pourront fusionner avec une liste qualifiée au 2e tour.

Une prime de 25% des sièges pour le vainqueur

Dans les 35 000 communes de France la liste arrivée en tête au 2e tour se voit attribuer d’entrée la moitié des sièges. Mais ce n’est pas le cas à Paris, Lyon et donc Marseille. Dans ces trois villes, le vainqueur du scrutin, quel que soit son score, remportera une prime de seulement un quart des 111 conseillers municipaux, soit 27 sièges. Le reste (84 sièges) est réparti à la proportionnelle des voix obtenues entre toutes listes présentes au 2e tour. Ce qui signifie qu’en cas de triangulaire ou de quadrangulaire serrée, le vainqueur des municipales à Marseille n’aura pas la garantie d’avoir la majorité absolue au conseil municipal.

On doit cette particularité au Modem qui, sous l’égide de l’ex-Premier ministre François Bayrou, a mené les débats de la réforme de la loi PLM à l’Assemblée en 2025. Conséquence : il n’est pas improbable qu’il faille attendre le « 3e tour », c’est-à-dire l’élection formelle du maire le vendredi ou samedi suivant le 2e tour, pour connaître le nom du futur premier magistrat.

Et aussi, 101 conseillers métropolitains élus

C’est à partir de cette liste de 111 conseillers municipaux que seront « fléchés » les 101 élus marseillais qui siègent au conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence. La répartition se fait selon les mêmes principes que pour le conseil municipal : la liste qui gagne le 2e tour empoche 25% des conseillers métropolitains, le reste est réparti à la proportionnelle.

Le conseil de la Métropole compte 240 élus dont les maires des 92 communes membres : Marseille (46% de la population de la Métropole) n’y est donc pas majoritaire. Ces conseillers voteront ensuite pour la présidence de la Métropole.

Il faudra voter deux fois

En parallèle du scrutin « ville » pour le conseil municipal de Marseille, les électeurs désigneront également leurs conseils d’arrondissements. Depuis 1986, Marseille est divisée en huit secteurs municipaux. Ce découpage n’a pas été modifié par la réforme de la loi PLM en 2025. Chaque secteur est doté d’un nombre précis de conseillers d’arrondissements à élire, calculé en fonction de sa population. Ce chiffre peut aller du simple au double : de 25 pour les 1er-7e (1er secteur) à 53 pour les 13e-14e (7e secteur), soit 303 au total.

Concrètement, le 15, puis le 22 mars en cas de deuxième tour, il vous faudra donc passer une deuxième fois par l’isoloir pour glisser un second bulletin dans l’urne. À l’inverse du vote pour la mairie centrale, mais comme dans les autres communes de France, la liste gagnante au 2e tour empoche d’entrée la moitié des sièges en jeu avant la répartition à la proportionnelle. Le gage de majorités stables.

Des scrutins différenciés mais liés

La loi ne prévoit aucune obligation d’être candidat à la fois sur la liste « centrale » et sur une liste de secteur, puisqu’il s’agira de deux scrutins différents et indépendants. Benoît Payan (DVG), Martine Vassal (DVD) et Franck Allisio (RN) ont déjà fait savoir qu’ils ne candidateraient qu’à l’hôtel de ville.

Mais cela n’est pas interdit : on pourra être élu à la fois au conseil municipal et dans une mairie d’arrondissements. Les têtes de listes centrales pourront également apposer leur nom et leur photo sur les bulletins des listes qu’ils soutiendront dans les secteurs. Histoire de ne pas dérouter totalement les électeurs.

Il est encore temps de s’inscrire sur les listes électorales

Pour pouvoir voter les 15 et 22 mars à Marseille (ou ailleurs), il faudra être inscrit sur les listes électorales. Vous pouvez vérifier si c’est le cas sur le site du gouvernement Service public. Si vous n’êtes pas inscrit, vous pouvez encore le faire avant le vendredi 6 février. L’inscription peut se faire en ligne, toujours sur Service-public.fr, dans un bureau municipal de proximité ou encore par courrier. Le jour du vote, il n’est pas nécessaire d’avoir sa carte d’électeur. Il faudra produire une pièce d’identité (CNI ou passeport).