Par

Emma Ressegaire

Publié le

14 janv. 2026 à 18h19

Ils tirent la sonnette d’alarme. Les soignants de l’hôpital Édouard-Herriot (HEH), situé dans le 3ᵉ arrondissement de Lyon, sont particulièrement inquiets face à la situation qu’ils vivent.
En effet, les urgences sont saturées depuis une dizaine de jours et les agents sont épuisés. « C’est la première fois que j’ai des soignantes qui me disent qu’elles souhaitent utiliser leur droit de retrait », indique Chaïbia Janssen, déléguée du personnel du syndicat FA-FPH (Fédération autonome de la fonction publique hospitalière) de l’HEH. 

De 5 minutes à 2 heures

Actuellement et en moyenne, plus de 250 personnes passent chaque jour par les urgences de cet hôpital. Le flux de patients a explosé suite à deux facteurs : une épidémie de grippe sévère cet hiver et la grève actuelle des médecins libéraux. « Le temps d’attente juste pour être enregistré est passé de cinq minutes à deux heures », indique le syndicat dans un communiqué. 

Face à des conditions de travail qui se dégradent en raison d’une explosion de l’affluence, le syndicat FA-FPH a alerté l’ARS et l’inspection du travail « suite à l’inertie de la direction face à cette situation dramatique ». « Le risque de violences sur les soignants se multiplie car plus les gens attendent, plus ils sont énervés et ça retombe sur les agents », ajoute Chaïbia Janssen.

De plus, le risque de décès de patients augmente étant donné que la prise en charge est plus longue.

Le plan blanc demandé 

Face à cette situation extrêmement tendue, les soignants et leurs syndicats demandent à la direction d’activer le plan blanc.

Pour rappel, il s’agit d’un dispositif réglementaire permettant à un établissement de santé de mobiliser l’ensemble de ses ressources humaines, matérielles et organisationnelles afin de faire face à une situation sanitaire exceptionnelle. « De nombreux hôpitaux l’ont déjà activé. Les agents le réclament. »

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Des mesures mises en place qui ne satisfont pas

Contactés par nos soins, les Hospices civils de Lyon indiquent que, face à une augmentation d’activité, leur organisation a été adaptée. Les mesures suivantes auraient été mises en œuvre :

  • Renforcement des effectifs des services d’urgences ;
  • Mobilisation de l’ensemble des services hospitaliers pour prioriser la fluidification des prises en charge aux urgences dans l’organisation des activités, notamment en chirurgie orthopédique et en imagerie médicale ;
  • Priorisation de l’aval des urgences dans les admissions en service d’hospitalisation (médecine, gériatrie, chirurgie).

« Les HCL privilégient ces mesures concrètes et opérationnelles de soutien aux équipes des services d’urgences au déclenchement d’un plan blanc qui impacterait la prise en charge des patients programmés », nous dit-on. Un plan blanc entraînerait en effet le report d’opérations programmées.

Les soignants toujours pas satisfaits

Une réponse qui ne satisfait toujours pas les soignants qui pensent que les mesures citées représentent une solution superficielle et temporaire face à un problème majeur qui pourrait s’aggraver dans le temps.

« Ils mobilisent des soignants de l’UHCD (Unité d’hospitalisation de courte durée) et de l’UPC (Unité psychiatrique de crise) pour renforcer l’équipe des urgences lorsque cela est possible mais ils ne sont pas formés et cela fragilise les autres services« , conclut Chaïbia Janssen.

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