Par

Emil Vautrin

Publié le

14 janv. 2026 à 20h04

Sur l’archipel russe de la Terre François-Joseph, un recul glaciaire jugé exceptionnellement rapide, a exposé en quelques années un terrain jusque-là caché.

Sur cette surface nouvellement libre de glace, des scientifiques ont identifié une terrasse marine parsemée de nombreux os de baleines : une découverte spectaculaire, mais surtout utile pour reconstituer l’histoire récente du littoral arctique.

Circonstances et implications de cette découverte : Actu Patrimoine vous donne les détails.

Découverte : une escale scientifique, puis la preuve par satellite

Lors d’un débarquement sur l’île Wilczek, située en Arctique, les chercheurs russes de l’Arctic and Antarctic Research Institute ont constaté que le glacier local s’était nettement repositionné, signe d’un retrait rapide.

Pour mesurer l’ampleur du changement, l’équipe confronte les repères de terrain à la télédétection : d’après leur analyse, la calotte glaciaire de l’île se serait scindée en deux en moins de vingt ans, mettant à nu plusieurs kilomètres carrés de surface.

Sur les terrains récemment libérés, les chercheurs repèrent une forte concentration d’ossements de baleines.

Une terrasse marine couverte d’os, et des squelettes qui “sortent” du sol gelé

Le communiqué de l’institut décrit un contexte naturel, non aménagé : une terrasse marine (ancien niveau de rivage) désormais exposée.

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Sur cette terrasse, l’équipe signale de très nombreux restes osseux attribués à des baleines. Plus impressionnant encore, certains éléments squelettiques apparaissent directement en bordure du glacier, là où la glace et le pergélisol relâchent progressivement ce qu’ils avaient conservé.

Plusieurs restes seraient suffisamment intacts pour être qualifiés de bien préservés, et l’AARI indique que la conservation s’améliorerait en allant du rivage vers la zone glaciaire.

Une piste sur des variations rapides du niveau marin… révélée par un présent qui s’accélère

Pour l’AARI, l’intérêt principal n’est pas l’image d’un “cimetière”, mais ce que l’accumulation peut raconter : l’institut interprète ce regroupement comme l’indice d’un épisode de changement très rapide du niveau de la mer dans cette zone.

Autrement dit, la terrasse et les ossements pourraient servir de marqueurs pour reconstruire un épisode côtier abrupt (position du rivage, dynamique marine locale) dans un environnement où les archives sont rares et difficiles d’accès.

Mais cette découverte est aussi une nouvelle alerte importante : si cette “archive” devient visible, c’est parce que la cryosphère change vite. Une fois exposés, des ossements peuvent se dégrader rapidement (cycles gel-dégel, ruissellement, érosion).

La logique scientifique derrière l’annonce est donc claire : il faut documenter pendant que le site est lisible — relever, géolocaliser, échantillonner, dater.

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