Une visite incontournable… et onéreuse. À partir de mercredi 14 janvier les visiteurs étrangers devront s’acquitter de 32 € pour déambuler dans les galeries qui abritent La Joconde, soit 10 € de plus qu’auparavant, selon une décision prise par le conseil d’administration du Louvre fin novembre. Cette hausse de 45 % concerne tous les ressortissants hors Espace économique européen qui comprend, en plus de l’Union européenne, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.

Au vu des chiffres actuels, cette augmentation frappera d’abord les touristes américains, puis les Chinois, qui forment les premiers contingents de visiteurs étrangers. Toutes nationalités confondues, ces derniers représentent 69 % des 8,7 millions de visiteurs venus au Louvre en 2024.

Les tarifs du musée se maintiennent en revanche à 22 € pour les ressortissants européens de plus de 26 ans. La gratuité reste de mise pour toutes les personnes de moins de 18 ans, quelle que soit leur nationalité, et pour les jeunes Européens de moins de 26 ans.

Avec cette nouvelle grille, le musée parisien entend récolter « 15 à 20 millions d’euros » par an de recettes supplémentaires. Des gains qui seront alloués aux « problèmes structurels » du musée, a précisé l’établissement récemment cambriolé.

Bien qu’également mobilisés pour dénoncer les « problèmes structurels » du musée, les syndicats du Louvre, engagés depuis mi-décembre dans une des plus longues grèves de leur histoire, réclament le « renoncement à la double tarification qui foule aux pieds notre histoire républicaine et l’universalisme fondateur du Musée du Louvre ».

Classé premier musée le plus visité du monde par le magazine américain The Art Newspaper, le Louvre gagnerait-il avec le nouveau prix de ses billets la place de musée le plus cher ?

20 € pour un adulte au Vatican

Aux côtés du musée parisien, ceux du Vatican trônent en seconde place du classement des musées les plus fréquentés avec 6 825 436 visiteurs enregistrés en 2024.

Aucune distinction de nationalités ne s’opère au guichet : une entrée adulte coûte 20 € et donne accès aux musées et à la chapelle Sixtine. Les jeunes de 7 à 18 ans, ainsi que les étudiants de moins de 25 ans, bénéficient d’un tarif réduit de 10 €. Il faut ensuite ajouter 5 € pour pouvoir réserver un créneau sur Internet.

Impossible en revanche de réserver une visite libre le dernier dimanche de chaque mois, lorsque l’ensemble muséal du Saint-Siège est ouvert au public gratuitement. La foule se presse alors aux portes du Vatican pour parcourir les cinq galeries et les 1 400 salles des 12 musées du Vatican. Seules les visites guidées, à 40 € pour un adulte, sont réservables en amont.

Les musées londoniens toujours gratuits

Difficile ensuite de faire moins cher que les deux musées nationaux britanniques présents dans le top 5 des plus visités au monde. Le British Museum (6 479 952 visiteurs) et le Tate Modern (4 603 025) sont en effet tous les deux gratuits.

Sur son site, le British Museum, qui renferme la célèbre pierre de Rosette, les Moai de l’île de Pâques ou encore les antiques casques de Sutton Hoo, se vante d’être « le premier musée public national gratuit au monde ». Fondé par une loi en 1753, le British Museum a été créé « à l’usage de toutes les personnes studieuses et curieuses ».

L’accès aux expositions temporaires reste tout de même payant. Et plutôt cher. Un ticket pour l’exposition consacrée aux Samouraï, ouverte jusqu’en mai, coûte par exemple 19 livres, soit 21,50 € environ.

Le Met de New York désormais dépassé

Fondé en 1872 par un groupe de riches mécènes new-yorkais pour disputer le podium des grands musées avec le Louvre et le British Museum, le Metropolitan Museum of Art (Met), à New York, n’entretient pas de rivalité sur son prix. Avec une entrée pour adulte fixée à 30 dollars, soit un peu plus de 25 €, le Met était, jusqu’à la nouvelle tarification du Louvre, le musée le plus cher du top 5 des musées les plus visités.

Les résidents de l’État de New York fixent en revanche eux-mêmes leur prix venir admirer La Mort de Socrate de Jacques-Louis David ou La Femme au perroquet de Gustave Courbet.