L’enseignant-chercheur a été placé sous contrôle judiciaire. « Ce fonctionnaire est notamment soupçonné d’avoir fait pénétrer des membres d’une délégation chinoise dans des zones interdites, dont la sensibilité avait été mentionnée comme très importante », indique le parquet de Paris. L’avocate de l’enseignant-chercheur, Me Lauriane Dargelas, souligne que son client « est étranger aux faits qui lui sont reprochés ». Concernant l’accès à l’I2M, qui est une zone à régime restrictif (ZRR), elle précise qu’il s’agissait d’un « chercheur chinois qui a eu accès pendant de nombreuses années à ce laboratoire ». « Dans ce cas précis, poursuit-elle, la demande d’autorisation a bien été envoyée, mais elle n’était pas arrivée, à cause de la lourdeur administrative. Mon client pensait être dans son bon droit. »
Le parquet de Paris précise que « l’enquête avait été ouverte en janvier 2024 par la section de la protection des libertés fondamentales du parquet de Paris, saisie par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) à la suite d’un rapport d’incident de la Défense nationale sur l’université de Bordeaux ».
« Démonter ce scénario »
Une information judiciaire a été ouverte en mai 2024, avec une poursuite des investigations sous la direction d’un juge d’instruction. Le 11 février 2025, trois enseignants-chercheurs français en mathématiques – dont l’enseignant-chercheur bordelais – avaient été interpellés et placés en garde à vue par la DGSI. Les policiers avaient mené des perquisitions à leurs domiciles et bureaux, saisissant leur matériel électronique. « L’exploitation des supports saisis en perquisition a conduit à ce que cet enseignant soit de nouveau placé en garde à vue puis mis en examen », ajoute le parquet de Paris. « Cela fait un an et demi que nous attendons cette mise en examen, indique Me Lauriane Dargelas. Nous allons enfin pouvoir avoir accès au dossier et démonter le scénario qui a été élaboré. »