Catherine Trautmann a dévoilé mardi 13 janvier le troisième volet de son projet politique, consacré au coût de la vie et à la défense des « droits essentiels » des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises. La candidate socialiste espère capitaliser sur le mécontentement créé par la politique sur le stationnement des écologistes.

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Carl Lefebvre

Publié le 14 janvier 2026  ·  

Imprimé le 15 janvier 2026 à 06h34  ·  

3 minutes

Elle est installée dans l’intimité du bar musical Les Savons d’Hélène, au centre de Strasbourg, sur une longue table noire proche du comptoir. À 74 ans, l’ancienne maire de Strasbourg, et actuelle conseillère municipale d’opposition, se présente à nouveau aux élections municipales. Après l’annonce de sa candidature, de premières annonces sur la participation citoyenne, puis sur la sécurité, elle a présenté mardi 13 janvier le volet social de son programme.

Catherine Trautmann n’a pas besoin de mise en scène. Elle compte sur son aplomb habituel, emploie un ton grave, maîtrisé pour faire passer ses messages. « Les Strasbourgeois ont constaté le délitement et le déclassement de la ville », rapporte-t-elle en introduction, comme une évidence.

Les mesures prioritaires de Catherine Trautmann concernant « les droits essentiels »

  • Encadrer les loyers, pour lutter contre les abus et les loyers injustes.
  • Renforcer la lutte contre l’habitat indigne et le non recours aux droits avec un médiateur du logement.
  • Renforcer les contrôles sur les meublés touristiques de type Airbnb, afin de libérer des logements pour l’habitat permanent.
  • Créer une mutuelle communale, pour faciliter l’accès aux soins.
  • Ouvrir une maison médicale de garde (soir et week-end) pour désengorger les urgences.
  • Créer un service public de l’énergie pour mieux maîtriser les tarifs et lutter contre la précarité.
  • Accélérer la rénovation énergétique des logements publics et privés.
  • Gratuité des transports pour les plus de 65 ans.
  • Baisse du stationnement résidentiel avec une grille plus juste, entre 5€ et 20€ selon les zones et le quotient familial.
  • Rendre gratuites les 30 premières minutes de stationnement pour faciliter l’accès aux commerces et aux services.
  • Offrir des fournitures scolaires gratuites à chaque rentrée pour tous les enfants.
  • Lancer un « plan livre » : carte médiathèque en CP, livre offert en CM2, horaires élargis.
  • Favoriser l’école hors les murs et déployer un plan été pour proposer aux enfants et aux jeunes des séjours et des activités ponctuelles.

Pour « redonner à la ville son attractivité », la candidate socialiste entend revenir sur une partie des politiques menées par Jeanne Barseghian, la maire sortante (Les Écologistes) de Strasbourg et candidate à sa réélection. Ses premières cibles : le prix et les contraintes de stationnement. « Beaucoup de gens ne viennent plus en centre-ville car garer sa voiture est devenu trop cher », assure-t-elle. Mais dans ses propositions, elle ne mentionne aucun changement de tarif dans les zones payantes. C’est le prix de l’abonnement résident qui serait revu à la baisse.

Tarifications solidaires et encadrement des loyers

Anticipant les critiques, Catherine Trautmann assure que ses propositions ne visent pas à promouvoir un retour de l’automobile en centre-ville. Mais selon elle, « chaque nouvelle contrainte doit s’accompagner d’une mesure compensatoire ». Des mesures dont elle n’a pas dévoilé précisément les contours… Si ce n’est une baisse modeste du prix du ticket Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) ou la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Ce dernier point « a été chiffré à 6 millions d’euros, que nous pourrions intégrer dans le budget de fonctionnement. Pour cela, je compte sur le désendettement de la CTS », déclare celle qui souhaiterait réaliser un audit des finances de la Ville dès son élection. Reste que, pour l’heure, le ton est surtout à la réhabilitation de places de stationnement supprimées durant le mandat écologiste et au développement des places « violettes », celles qui coûtent deux euros pour une heure et demie.

Impossible pour la candidate socialiste de ne pas mentionner le prix du logement, un sujet de premier ordre à Strasbourg. Elle souhaite y répondre par l’encadrement des loyers, une mesure qu’elle avait déjà proposée en 2022 lors d’un conseil métropolitain :

« Nous avions proposé d’entrer dans l’expérimentation qui avait été suivie par plusieurs villes de France. Je constate aujourd’hui que c’est une proposition qui figure dans celles de la maire sortante, alors qu’elle n’avait pas été soutenue par les écologistes à l’époque. »

Si elle est élue, la candidate socialiste projette d’entamer deux grandes réflexions autour du logement et des mobilités sous la forme de conférences citoyennes.