Le Bayeux FC s’est lourdement incliné contre l’Olympique de Marseille (0-9) en 16e de finale de la Coupe de France, mardi 13 janvier 2026. Si l’on omet ce score fleuve, le club du Bessin a vraiment gagné sur tous les plans.
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Les larmes coulent sur les joues d’une adolescente qui n’en finit plus de scander « Merci Bayeux » quelques secondes après le coup de sifflet final. Difficile de juger s’il s’agit de tristesse ou de fierté, mais l’émotion la submerge, pour sûr. C’est là la plus grande victoire du Bayeux FC, avoir su générer un engouement incroyable autour de son fabuleux parcours en Coupe de France.
Cette équipe, bien que sèchement déculottée par l’Olympique de Marseille, a réussi la prouesse de fédérer l’ex-Basse-Normandie autour de ses couleurs, comme l’US Granville par deux fois en 2016 et 2020. Dans les tribunes d’un stade d’Ornano rempli à ras-bord, de nombreux fans venus du Bessin, mais aussi d’autres Calvadosiens, des Manchois et des Ornais qui ont vigoureusement agité les drapeaux jaunes flanqués du logo à l’hêtre pleureur historique.
Petit Poucet de la Coupe de France, le BFC a aussi bénéficié de puissante lumière du spotlight d’un match contre l’Olympique de Marseille. En ce sens, le décalage de la rencontre à cause du Trophée des Champions aura été une aubaine. Ce mardi 13 janvier 2026, toute la France du football était tournée vers la Normandie et cette ville de Bayeux. Habituellement associée à sa tapisserie, au Débarquement ou au Prix des correspondants de guerre, c’était cette fois pour son club de foot que la capitale du Bessin faisait les gros titres des médias nationaux.
Outre la planification du match et le prestige de son ultime adversaire, Bayeux a aussi intrigué l’Hexagone par sa multitude de belles histoires. Ses joueurs pleinement amateurs aux métiers de M. Tout-le-monde, son président brésilien qui a côtoyé les stars du foot, son coach Eric Fouda qui n’a pas sa langue dans sa poche, la belle histoire de Paul Aubel et sa revanche sur le destin…
Sans oublier les exploits réalisés sur la pelouse du stade Henri Jeanne. En premier lieu, l’élimination retentissante d’un SM Caen complètement débordé par la fougue d’une équipe de potes, de frères d’armes. La plupart des fans malherbistes étaient d’ailleurs presque contents de voir ces amateurs bayeusains donner la leçon à leurs ouailles professionnelles qui ne cessent de les décevoir.
Il y a eu ensuite la déception de tomber sur Blois (N3) alors que de nombreux clubs pros figuraient dans les boules du tirage au sort des 32e de finale. L’exploit réalisé face aux Blésiens n’en fut ainsi que plus retentissant pour un foot normand qui n’avait plus que le BFC pour être représenté dans la compétition nationale après les éliminations précoces de ses habituels fers de lance.
Grâce à son épopée en Coupe de France, le club du président Ferreira Pavesi va pouvoir souffler financièrement, et c’est tout sauf un luxe. Plusieurs fois ces dernières saisons, le Bayeux FC s’est retrouvé proche du dépôt de bilan. Fin 2023, il affichait un déficit de 79 000 euros ! Depuis, son équipe dirigeante est parvenue à redresser les comptes.
Cette année, son fabuleux parcours lui permettra de récolter 83 000 euros, versés par le FFF. Il faut ajouter à cela les recettes des grands matchs vécus contre Caen, Blois et l’Olympique de Marseille, qui a gentiment laissé sa part du gâteau au club amateur. Ce sont ainsi plusieurs dizaines de milliers d’euros non budgétisés qui tomberont dans les caisses du BFC. Une aubaine pour préparer l’avenir, peut-être investir dans un terrain synthétique, et rêver à d’autres épopées.