Dans le pic Saint-Loup, les conclusions de l’enquête publique concernant le renouvellement et l’extension de la carrière de Murles, avec la création d’un nouveau site de stockage de déchets, sont connues. Et favorables au projet porté par la société Languedoc Granulats. Avec pour autant des conditions indispensables. Dont la modification du PLU de Murles. Elle débutera le 23 janvier.

Une partie des installations. Au second plan : la verse, au centre du projet. Cette colline de déchets inertes, "horrible" et "monstrueuse" selon le rapport, doit être étalée et ainsi abaissée. D’où le déboisement envisagé.

Une partie des installations. Au second plan : la verse, au centre du projet. Cette colline de déchets inertes, « horrible » et « monstrueuse » selon le rapport, doit être étalée et ainsi abaissée. D’où le déboisement envisagé.
Midi Libre – T. J.

« L’ensemble des réponses de Languedoc Granulats est pertinent et n’amène aucune réserve supplémentaire. » 

Moins de deux semaines après la fin de la consultation publique, le 12 novembre dernier, les conclusions du commissaire enquêteurs tombaient : sous conditions, la société Languedoc Granulats pourra mener à bien ses projets. À savoir : renouveler l’exploitation de la carrière pour les trente prochaines années, creuser le carreau existant de 80 m supplémentaires de profondeur, déboiser de 25 hectares supplémentaires pour permettre d’étaler la “verse” d’une vingtaine de mètres (soit le monticule de déchets, actuellement haut de 85 m) sur une surface de 11 hectares, ainsi que créer une Installation de stockage de déchets inertes (Isdi) « pour les déchets externes du BTP non recyclables par l’entreprise », Isdi qui, pour l’heure, n’existe pas.

Huit désavantages, quinze avantages

Dans ses conclusions, concernant les « désavantages du projet », le rapporteur relève toutefois huit points, confirmant « la perte définitive d’environ 25 ha de zone boisée », l’atteinte portée « à la biodiversité par le défrichement » ou encore la présence de deux captages d’eau potable au sein de la zone.

Quant aux avantages du projet, ils sont au nombre de quinze. Notamment « faire disparaître le sommet de cette colline disgracieuse » (en l’occurrence la fameuse verse, également qualifiée de « monstrueuse »), « il permettra un apport en granulats à l’ensemble des chantiers du BTP de la zone de Montpellier à un prix compétitif » ainsi que le maintien de quinze emplois permanents sur site. Il note également que le déboisement en question s’il « ne représente que 0,7 % par rapport à l’espace du plateau de garrigues et bois contenant le bois de Valène », le projet offre des « compensations à la biodiversité qui sont satisfaisantes ».

L’avis défavorable du CNPN doit être levé

Reste donc que Languedoc Granulats devra respecter certaines conditions pour mener à terme son projet. Deux sortent du lot. La première concerne le Conseil national de protection de la nature, qui a émis un avis défavorable, considérant notamment que la « raison impérative d’intérêt publique majeur n’est pas démontrée » ou que « les impacts sur des espèces sensibles sont sous-évalués ».

Dans ses conclusions motivées, le rapporteur souligne ainsi que « l’autorisation environnementale ne pourra être délivrée que lorsque le PLU de Murles aura été modifié pour supprimer l’espace boisé classé sur la zone d’extension prévue et que l’avis défavorable du CNPN aura été levé ».

Concernant la modification du PLU, le plan local d’urbanisme, la mairie de Murles s’y attelle (lire ci-dessous).

Murles modifie son PLU

Condition indispensable au projet de renouvellement et d’extension de la carrière de Murles, il faut une modification du plan local d’urbanisme de la commune puisque l’extension se ferait au détriment d’un espace boisé classé. Dans le cadre de cette révision du PLU, une nouvelle enquête publique sera ouverte dès le vendredi 23 janvier et s’étalera jusqu’au 27 février prochain.

« Le dossier et un registre d’enquête seront tenus à la disposition du public en mairie », souligne l’avis publié. Le dossier sera également accessible via internet (www.democratie-active.fr/revision-plu-murles/). Et le commissaire enquêteur tiendra une permanence à Murles, salle Billoire, les jeudis 29 janvier, 12 février et 19 février, de 14 h à 17 h.