Captain Blink, ce sont des brassards lumineux qui ne se fixent pas sur le vélo, mais sur le cycliste. Pensée pour le déplacement à vélo du quotidien, en urbain ou en rural, la solution mise sur la visibilité à 360° et la signalisation des intentions sans lâcher le guidon. Son créateur, Ramzi Ammar, a évoqué avec Weelz! la genèse du projet ; une démarche collaborative et pas mal de terrain. On détaille tout ça avec vous.

Brassards vélo Captain Blink : rendre les intentions du cycliste plus lisibles

C’est une lapalissade, mais en ville comme hors agglomération, la question de la visibilité à vélo est primordiale (même si beaucoup semblent l’ignorer). Éclairages obligatoires, vêtements clairs, accessoires réfléchissants… tout le monde connaît la théorie. Mais dans la pratique, notamment aux intersections, dans les ronds-points ou en circulation dense, être vu ne garantit pas toujours d’être compris.

Brassards vélo Captain Blink : rendre les intentions du cycliste plus lisibles

C’est de ce constat qu’est né Captain Blink. « Ce n’est pas seulement une question de visibilité, il y a aussi une question de prévisibilité », résume Ramzi Ammar. Vélotafeur régulier, ingénieur de formation, il se retrouve confronté à une sensation familière pour beaucoup : celle de ne pas être vraiment lisible dans le trafic motorisé, surtout quand il faut indiquer un changement de direction sans se mettre en difficulté.

Visibilité et prévisibilité : deux problèmes différents

Rapidement, la réflexion dépasse la seule puissance lumineuse. Être repéré par les autres usagers ne suffit pas toujours ; encore faut-il qu’ils comprennent ce que le cycliste s’apprête à faire.

Dans la circulation urbaine actuelle, un feu avant et un feu arrière, aussi performants soient-ils, restent des points lumineux relativement bas et peu expressifs. Aux intersections ou dans les virages, l’information passe mal.

Tendre le bras à vélo, obligatoire ? Pas vraiment…

Quant au fameux bras tendu pour signaler un changement de direction, il n’est pas toujours compatible avec certaines situations : trafic dense, chaussée dégradée, vélo chargé, VAE lourd ou simple perte de stabilité.

Sur ce sujet précis, faisons un petit point législatif. Vous êtes nombreux à penser qu’il est obligatoire de tendre son bras pour signaler son changement de direction parce que l’on est cycliste.

En réalité, l’article R412-10 du Code de la route stipule : « Tout conducteur qui s’apprête à apporter un changement dans la direction de son véhicule ou à en ralentir l’allure doit avertir de son intention les autres usagers. ».

Puisque la très grande majorité des vélos du marché ne sont pas équipés de clignotants, il devient donc obligatoire d’utiliser un autre dispositif, à savoir nos bras, pour pouvoir signaler nos changements de direction.

Mais si ledit véhicule (le vélo en l’occurrence) est équipé d’un dispositif permettant d’indiquer clairement un changement de direction, le bras n’est alors plus le seul moyen de signalisation possible.

Véridique : dans l'État de l'Oklahoma, les automobilistes doivent utiliser leurs bras pour indiquer qu'ils tournent ou qu'ils ralentissentVéridique : dans l’État de l’Oklahoma, les automobilistes doivent utiliser leurs bras pour indiquer qu’ils tournent ou qu’ils ralentissent

Fun fact : saviez-vous qu’aux États-Unis, dans l’État de l’Oklahoma, les automobilistes sont obligés d’utiliser leurs bras gauche pour signaler un changement de direction ou un ralentissement ?

Expose le cycliste davantage qu’il ne le protège

Ainsi, sur le papier, le Code de la route impose d’indiquer ses changements de direction. Dans les faits, lever le bras peut parfois exposer le cycliste davantage qu’il ne le protège. « On demande au cycliste de signaler, mais aussi de ne pas se mettre en danger. Il y a une forme de contradiction », observe Ramzi.

Sans chercher à se substituer aux règles existantes, Captain Blink propose une autre manière de rendre les intentions visibles, sans lâcher le guidon.

Une innovation née d’une communauté de vélotafeurs

Avant d’être un produit, Captain Blink a d’abord été une discussion collective. Ramzi Ammar publie un message dans un groupe Facebook de vélotafeurs pour partager ses interrogations sur l’éclairage vélo. Les retours affluent. Peurs, bricolages, frustrations, habitudes : les témoignages se recoupent.

« Les bras apparaissent comme un emplacement logique »

Un point revient rapidement : pour être visibles et lisibles, les bras apparaissent comme un emplacement logique. Ils sont hauts, mobiles, bien dans le champ de vision des automobilistes, et permettent une différenciation claire entre gauche et droite.

Les premiers prototypes sont rudimentaires. éclairage maison, sangles bricolées, “packaging de yaourt scotché sur le bras”, comme en rigole Ramzi. Au total, une trentaine de versions seront testées et améliorées. « J’ai trois cartons remplis de prototypes », sourit-il.

Du prototype au terrain

Avant la commercialisation, Ramzi est passé par une phase de test grandeur nature, notamment auprès de vélotafeurs nantais, en lien avec la Semitan (la société de transports publics nantaise). Pendant plusieurs semaines, les brassards sont utilisés dans des conditions réelles : trajets domicile-travail, circulation dense, nuit, pluie, routine quotidienne.

Les retours sont plutôt bons. « Quand les testeurs ont rendu les prototypes, beaucoup m’ont dit : “je me sens nu, je fais comment maintenant ?” » Pour Ramzi Ammar, le produit répond manifestement à un besoin réel.

Captain Blink et les brassards vélo lumineux : une autre façon d’être visible à vélo



Concrètement, Captain Blink se présente sous la forme de deux brassards lumineux portés sur les bras, associés à une commande fixée au guidon. Il y a une partie en plastique rigide (qui contient l’électronique) et un brassard textile élastique à velcro.

Selon Ramzi, le système permet : une visibilité à 360°, grâce à une surface lumineuse placée en hauteur (plusieurs modes d’éclairage selon les conditions) ; des clignotants activables sans lâcher le guidon. Vous avez également une indication automatique du freinage.

Le dispositif est rechargeable en USB-C (avec un câble double) et peut être utilisé sans application mobile. Il existe toutefois une application, qui va surtout servir à la personnalisation, au suivi de la batterie et aux mises à jour. À noter : Captain Blink ne remplace pas l’éclairage vélo réglementaire (celui fixé sur votre vélo). Il vient en complément.

Une fabrication (presque) 100% française

Captain Blink revendique une conception et une fabrication majoritairement françaises. Plasturgie, packaging et assemblage sont réalisés dans l’ouest (Nantes, Poitiers, Cholet), notamment via une structure d’insertion qui emploie des personnes en situation de handicap.

L’électronique et certains éléments textiles restent produits à l’étranger (Chine), un compromis assumé pour maintenir un prix accessible.

Innovation Sécurité routière

Captain Blink a été lauréat du Prix de l’innovation Sécurité routière et s’appuie sur une campagne de financement participatif réussie, avec plus de 600 précommandes.

Pour les cyclistes du quotidien, ceux des villes comme ceux des campagnes, les usagers de VAE, de cargos ou celles et ceux qui roulent toute l’année, Captain Blink propose une réponse intéressante. On doit prochainement recevoir un échantillon de test pour qu’on se fasse notre propre avis.

En attendant, si le produit vous séduit sur le papier, vous pouvez directement vous le procurer sur la boutique du site officiel. Vous avez actuellement (janvier 2026) une remise de 15% pour une paire et de 20% pour deux paires.

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