« On a un vrai projet de croissance disruptif » a lâché dans les salons du Plaza Athénée, à Paris, un Alain Weill enthousiaste. Le propriétaire de L’Express depuis cinq ans a choisi l’Europe comme martingale pour relancer le journal qui fait désormais partie du groupe rebaptisé L’Express Global Tech. Il faut remonter à 1998 et à l’éphémère expérience de l’hebdo L’Européen, avec Christine Ockrent, pour retrouver pareille ambition. « Nous voulons transformer L’Express en un journal européen qui vise non plus les leaders d’opinion français mais les leaders d’opinion européens. »
Le directeur de la rédaction, Éric Chol, a d’abord repensé le chemin de fer et la maquette du journal désormais vendu 7,90 euros avec l’aide d’Alice Lagarde, directrice de la création. L’ambition éditoriale est d’européaniser le titre au sens large, avec des sujets concernant aussi le Royaume Uni, la Suisse ou la Norvège. De nouvelles rubriques ont été créées, dont « Europe », qui compte un « comparateur » hebdo sous forme d’infographies entre pays européens, « Secret défense » et « Ils font bouger l’Europe », dédié aux entreprises européennes. « Nous avons demandé à la rédaction de penser à avoir une empreinte européenne dans la plupart de nos sujets. Et le défi, c’est de continuer à intéresser nos lecteurs français », a détaillé Éric Chol.
Ensuite, les versions digitales de L’Express en polonais et en anglais, traduites avec l’aide de l’IA et supervisées par une relecture humaine, seront disponibles dès le 20 janvier via le site lexpress.eu (le site français étant lexpress.fr). Consultables gratuitement sur inscription dans un premier temps, elles seront ensuite accessibles via un abonnement payant. Seront également disponibles cinq vidéos et cinq podcasts hebdo traduits eux aussi par l’intelligence artificielle avec la solution Lionbridge.
Ces deux versions font figure de test avec l’objectif, à la mi-2027, de disposer de L’Express dans les 24 langues des 27 pays de l’UE. L’Express vise 30 000 abonnés européens, voire 300 000 à plus longue échéance, sachant que le journal compte aujourd’hui 25 000 abonnés numériques pour une DFP de 129 000 exemplaires en 2024-2025. Son chiffre d’affaires est de 25 millions d’euros. L’objectif visé est de le doubler d’ici quatre ans. Une campagne réalisée par DBO autour de la base line « Le pari de l’Europe » se déploie depuis le 8 janvier 2026 en presse, affichage, digital, réseaux sociaux, télévision et radio.