Peu après 16h mercredi 14 janvier, les manifestants réunis dans l’enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l’entrée du ministère dans le VIIe arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ».
« Un groupe de personnes se revendiquant de la Confédération Paysanne a pénétré sans autorisation l’enceinte extérieure d’une annexe du ministère de l’Agriculture », a relaté la préfecture de Paris dans la soirée, précisant que « ces faits sont constitutifs d’un grave trouble à l’ordre public et de plusieurs délits ».
Les policiers ont évacué les lieux et interpellé 50 personnes ensuite placées en garde à vue, a ajouté la préfecture, indiquant qu’un représentant du ministère de l’Agriculture avait déposé plainte. La Confédération paysanne évoque 52 gardes à vue parmi lesquelles ses trois porte-parole nationaux ainsi que le président de la chambre d’agriculture de Guyane Jean-Yves Tarcy.
« Deux poids deux mesures »
« La ministre de l’Agriculture a porté plainte contre une action pacifique, menée sans aucune violence », a dénoncé le syndicat dans un communiqué appelant à la libération des militants et dénonçant « le deux poids deux mesures de ce gouvernement dans la répression syndicale et dans les réponses politiques aux demandes » des agriculteurs.
Etaient présents des agriculteurs venus d’Outre-mer, pour clamer « la solidarité entre les paysans » et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l’accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d’exploitants et de grands groupes agroindustriels.
« La colère qui s’exprime depuis des semaines dans l’hexagone, sur la gestion de la crise de la DNC et l’accord UE-Mercosur, fait écho aux difficultés que rencontrent les paysans des départements et régions d’outre-mer, explique le syndicat. Cette action d’occupation des locaux du Ministère vise à dénoncer cette situation ».
« Répression »
Fanny Métrat, l’une des porte-parole de la Confédération paysanne, a demandé la « décolonisation de l’agriculture » et « la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA et du ministère de l’Agriculture ».
Cette déclaration intervient au lendemain d’une nouvelle salve d’annonces du gouvernement qui a notamment promis une « loi d’urgence agricole » portant sur la prédation, l’eau et les moyens de production, répondant aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs.
« La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient c’est de la répression », a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.
La semaine dernière, Thomas Gibert et Stéphane Galais, le troisième porte-parole, avaient été interpellés brutalement au pied de l’Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.