Au quatrième jour du procès, les 5 CRS présents sur les lieux du drame sont entendus. Une audience qui devrait venir mettre la lumière sur les différentes versions tenues par l’accusé « Tout ce qu’on demande c’est que justice soit faite » a imploré le frère d’Aboubacar Fofana.
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Ils ne sont que tous les deux. Le reste de la famille n’a pas eu la force d’assister au procès. Le frère et le cousin d’Aboubacar Fofana sont présents depuis le premier jour. Ils n’ont rien manqué des débats. Ceux qu’ils attendent ? Des réponses…
Depuis huit ans leur vie a basculé.
Une question hante le frère d’Aboubakkar depuis ce 3 juillet 2018. « Qui nous protège des gardiens de la paix ? « , lâche-t-il. Le ton n’est pas véhément. Il pèse calmement chacun de ses mots. Ces mots qu’il a prononcés avec dignité et sans haine devant la cour criminelle de Nantes.
« C’est pas une question polémique pour le coup, c’est vraiment une question sinistre que je me pose, dans le sens où je considère qu’un agent, que ça soit CRS, policier ou un agent de la PAC, pour le coup, il est portant et garant de la sécurité des concitoyens, souligne-t-il.
« Je n’ai pas l’impression, en fait, que le policier en question ainsi que ses collègues, parce que je vais les englober tous dans le même panier, dans la mesure où ils étaient en groupe, disent tout. Il y a eu une première version, ensuite une seconde version qui était différente de la première. »
Ca me pose un certain souci dans le sens où, si c’était une personne lambda, sans uniforme, qui avait donné 2, 3 versions différentes, est-ce que ces 3 différentes versions auraient été crédibles ? Comment les différencier ? Comment savoir si la première déclaration, la deuxième, est la plus vraisemblable ?
Son frère s’éloigne de Paris à l’âge de 16-17 ans. Entouré de mauvaises fréquentations, il n’a pour autant jamais été condamné. Son nom apparaît dans un dossier « suite à une affaire où on avait retrouvé sa pièce d’identité. Ce jour-là, il a quitté le domicile familial, à ce moment-là, ma mère était au pays. C’est la dernière fois que je l’ai vu, que j’ai eu une discussion avec lui, que je l’ai croisé », se souvient-il.
Je l’ai retrouvé à la morgue. j’ai eu un manque, on m’a arraché les derniers moments avec mon frère
« En fait, je pense que c’était l’environnement et l’entourage auquel il était associé à cette période-là qui n’allait pas. Ces informations, je les ai eues de ma sœur qui m’a expliqué un peu plus tard, au moment des faits, la situation. »
« Je n’avais pas de contacts lors de ces derniers moments, j’ai découvert tout sur le tas suite à sa disparition », poursuit le frère d’Aboubacar Fofana.
« Abou, c’était quelqu’un de très craintif. C’est ma vision des choses. Moi, je n’étais pas présent, donc je ne peux pas me permettre de dresser un portrait qui n’est pas, comment dire, proche de la réalité ».
« Il ne voulait pas créer de problèmes extérieurs, qui pouvaient se répercuter sur la famille ou remettre en question l’éducation que ma mère nous avait inculquée. Je pense que dans ce contexte-là, il était à Nantes depuis deux ans, Entre l’âge de 17 ans et 22 ans, on est à la fin de l’adolescence, au début de la vie adulte. Lui, il était dans sa phase où il devait devenir un jeune adulte, en fait, qui est conscient de ses erreurs peut-être passées et conscient surtout qu’il y avait toujours moyen de pouvoir se racheter auprès de la société, pour le coup, changer de direction, de voie ».
C’était un petit peu une deuxième chance qui se donnait ici à Nantes
« Il a été accepté par tout le monde, par les jeunes, les enfants. En fait, il était hypersociable Il faisait partie des associations, notamment Breil Jeunes Solidarités », confirme le cousin d’Aboubacar.
« Ma mère essaie de tenir le coup, tant bien que mal. Là, elle travaille elle travaille dans le secteur médical, en fait, à l’hôpital de Gonesse, pour le coup, où elle a pu gravir les échelons et devenir responsable. »
Depuis le décès de mon frère, je vois vraiment que ça l’atteint, que ce soit psychologiquement, physiquement, mentalement. Il y a un avant et un après, clairement. »
J’attends une réponse claire, vendredi, pour pouvoir avancer clairement. Parce que moi,pendant ces 8 ans, j’ai mis ma vie de côté et j’ai mis ma famille en avant
« On attend juste que la vérité puisse sortir aux lumières du jour. On veut juste la vérité telle qu’elle est, qu’elle soit bénéfique ou péjorative pour mon frère, qu’elle soit juste réaliste, en se basant simplement sur les faits réels et pas sur des faits fantaisistes ».
« Ce verdict devrait me permettre de me recentrer sur moi et pouvoir un peu évoluer, puisque le temps passe », souffle le frère d’Aboubacar Fofana.
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