Ces deux vitamines que cette
pharmacienne prend chaque matin pour défier le temps

Vieillir, c’est inévitable.
Mais vieillir en restant en pleine forme, avec des cellules qui
tournent à plein régime et un moral d’acier, c’est possible. C’est
en tout cas ce que défend Stéphanie Latour, docteure en pharmacie
spécialisée en micronutrition. Chaque jour, elle mise sur deux
vitamines précises, à la fois discrètes et puissantes, qui aident à
préserver l’énergie cellulaire, la mémoire, les os, l’immunité, et
même l’humeur.

Ce n’est pas une promesse en
l’air : leurs effets sont largement étudiés et validés par la
science. De nombreuses recherches les associent à une meilleure
longévité et à une réduction des risques de maladies liées à l’âge.
Et le plus rassurant ? Elles se trouvent facilement dans notre
alimentation.

Vitamine B3, le carburant
discret qui répare nos cellules

Si la vitamine B3 n’est pas la
plus médiatisée, elle est pourtant au cœur de nos mécanismes
vitaux. C’est elle qui permet la production de NAD+ (nicotinamide
adénine dinucléotide), une molécule indispensable à la réparation
de l’ADN, à la fabrication d’énergie par les cellules et au
fonctionnement optimal des mitochondries – nos « centrales
énergétiques » internes.

Avec l’âge, ce capital NAD+
diminue. Et avec lui, la vitalité. « Avec l »âge, la production de
NAD+ diminue, ce qui favorise le vieillissement cellulaire et
l’inflammation chronique », souligne Stéphanie Latour. Un phénomène
désormais bien documenté. Une étude parue dans Nature Communications (2016) a
notamment montré que la stimulation du NAD+ chez des souris âgées
avait significativement amélioré leur fonction musculaire et
métabolique, équivalente à celle de jeunes souris.

Dans l’alimentation, la
vitamine B3 est heureusement très accessible : volailles, thon,
saumon, champignons, céréales complètes, arachides… En cas de
fatigue chronique ou de syndrome métabolique, une complémentation
peut être envisagée. Mais là encore, la prudence est de mise : un
excès peut entraîner des troubles hépatiques ou digestifs. Le mot
d’ordre reste le même : équilibre.

Vitamine D, l’alliée anti-âge
que les Français négligent trop souvent

C’est un paradoxe : la
vitamine D est l’une des plus importantes pour le vieillissement en
bonne santé… et pourtant, elle est déficitaire chez 80 % des
adultes français en hiver, selon Santé publique France. Essentielle
pour les os, les muscles, le système immunitaire et la régulation
de l’inflammation, elle est aussi précieuse que sous-estimée.

« Un bon taux de vitamine D est
souvent le reflet d’un mode de vie équilibré, avec une bonne
alimentation, une activité physique régulière et une exposition au
soleil », rappelle la pharmacienne. Plusieurs études, dont une revue
de la Harvard School of
Public Health publiée en 2023, lient un taux suffisant de
vitamine D à une baisse de la mortalité toutes causes confondues,
en particulier chez les plus de 60 ans.

L’organisme en synthétise via
l’exposition solaire, mais en quantité insuffisante l’hiver ou chez
les personnes peu exposées. Dans l’assiette, on la trouve dans
:

  • les poissons gras (sardines,
    maquereaux, harengs)

  • le foie de veau ou de
    morue

  • les jaunes d’œufs

  • le chocolat noir

  • les produits laitiers
    enrichis

L’Assurance maladie recommande
une supplémentation annuelle (ou trimestrielle) chez les plus de 65
ans ou les personnes à risque. Mais gare à l’automédication : à
fortes doses, la vitamine D peut devenir toxique. D’après l’Anses,
un seuil de 100 ng/mL ne doit jamais être dépassé.

Compléments alimentaires, piège ou coup de pouce ?

Face aux promesses alléchantes
de certains laboratoires, difficile de ne pas céder à la tentation
des gélules miracles. Pourtant, la vigilance s’impose. « Le suivi
médical est essentiel », martèle Stéphanie Latour. Car si les
carences existent, les excès aussi. En 2022, le centre antipoison
de Paris a rapporté une hausse des appels liés aux surdosages en
vitamine D, souvent après des cures non encadrées.

La niacine (vitamine B3) à
haute dose peut quant à elle entraîner rougeurs, bouffées de
chaleur ou troubles digestifs. Et si l’idée d’agir “en prévention”
séduit, elle ne doit pas faire oublier l’essentiel : un mode de vie
sain.

« Le bien-être mental est tout
aussi essentiel que l’alimentation ou l’activité physique », conclut
la spécialiste. Une phrase en apparence simple, mais au cœur d’une
vision globale de la longévité. Dormir suffisamment, rire souvent,
s’exposer à la lumière, manger varié, faire du sport, se connecter
aux autres… Et, pourquoi pas, surveiller ses apports en vitamines
B3 et D. C’est dans cette combinaison que réside, peut-être, le
véritable élixir de jeunesse.