LU, pour les Français, c’est depuis180 ans une petite madeleine de Proust. Et ce n’est pas un biscuit au ventre arrondi et doré, merveilleusement décrit par le romancier, qui a fait sa renommée, mais un gâteau extra-plat composé de quatre coins, 52 dents et 24 trous (allégorie du temps qui passe avec le nombre de saisons, de semaines dans une année et d’heures dans une journée) : Le Véritable Petit Beurre.
Alors qu’elle doit ses initiales aux deux fondateurs, Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile, pâtissiers venus de l’est de la France s’étant installés à Nantes, en 1846, LU a le sens du marketing depuis sa création. Dès 1891, Louis Lefèvre-Utile, leur fils, a commandé auprès d’un dessinateur la première affiche reprenant les codes d’un écolier avec son panier en osier. Elle inspirera, trente ans plus tard, la création du biscuit « Petit Écolier », qui reste encore aujourd’hui l’un des produits phares, avec Le Véritable Petit Beurre et Prince.
La Haye-Fouassière, dernier lien
Depuis, LU a largement dépassé les frontières de la Cité des ducs de Bretagne. Après avoir appartenu à Danone puis Kraft Foods, elle est, depuis 2012, la propriété de l’américain Mondelez International. Le mastodonte, numéro 1 mondial du biscuit et numéro 3 du chocolat, avec des marques aussi célèbres que Côte d’Or, Milka ou Oreo, pèse, en France, 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 2 700 salariés à travers huit centres de production. Parmi eux, l’usine de La Haye-Fouassière, en Loire Atlantique, dernier point raccrochant LU à ses racines nantaises.
Le site, qui fête, cette année, ses 40 ans, emploie 330 collaborateurs et a bénéficié, ces dernières années, d’un programme d’investissement de 55 M€ le dotant d’une ligne de production supplémentaire. De quoi lui permettre, par exemple, dans quelques mois, d’intégrer la fabrication des « Figolu », stoppée en 2020 mais reprise – en Angleterre actuellement – sous la pression de consommateurs mécontents de voir la marque disparaître. Démonstration de la « puissance du lien émotionnel » qu’entretient LU avec les Français, relève Marion Thouveny, directrice marketing.
Pour la symbolique de l’anniversaire, deux nouvelles galettes produites à La Haye-Fouassière sont en cours de déploiement dans les linéaires. Gravées de la mention « Nantes », elles s’inspirent d’un moule créé en 1905.
Deux nouveaux produits
En France, Lu occupe la place de leader des biscuits et gâteaux moelleux, avec 25,5 % de parts de marché. Relancée en 2024, la marque réalise 900 M€ de chiffre d’affaires, en progression de 12,2 % en valeur et 9 % en volume, dans un marché plutôt stable. Une performance en partie réalisée grâce à un meilleur placement chez les distributeurs. Dans les projets, le groupe prévoit la sortie de deux nouvelles références, à la fin de l’année ou début 2027. Mais pour l’instant, motus.