Par

Guillaume Laurens

Publié le

15 janv. 2026 à 17h01

C’est entouré de Julie Servat et Michel Lacroix, deux des recrues phares de sa liste pour la course au Capitole 2026 et dont il loue le « regard expert » en matière d’entrepreneuriat, que le maire de Toulouse et candidat à sa succession Jean-Luc Moudenc a présenté ce jeudi 15 janvier ses propositions pour soutenir l’économie locale. Et face aux chantres « de la décroissance », le camp Moudenc entend « conforter « la place de la Ville rose dans l’aéronautique et le spatial, des thèmes forts de l’identité toulousaine ».

« Toulouse, c’est le creuset de l’aviation mondiale »

« L’aéronautique et le spatial sont des enjeux fondamentaux pour l’emploi de notre territoire. Depuis un siècle, ce secteur a été le moteur de l’histoire de Toulouse », a rappelé le maire-candidat : « Si l’Insee constate recensement après recensement qu’on devient la 3e ville de France, on le doit à l’aéronautique. Toulouse, c’est le creuset de l’aviation mondiale et c’est le cas depuis 1917. L’excellence toulousaine est là », a-t-il martelé, insistant sur le fait que « 86 000 emplois sont liés au secteur sur l’agglomération ».

Comparativement à d’autres listes, nous sommes tous spontanément d’accord dans ce domaine. On laisse cela à d’autres.

Jean-Luc Moudenc 
Maire de Toulouse, candidat à sa succession

De grands projets aéronautique et spatial

Premier avionneur mondial, « Airbus a plus de 27 000 employés » localement et « a choisi Toulouse pour son second site d’assemblage de l’A321XLR », s’est-il félicité Jean-Luc Moudenc. Dans l’ombre de l’aéronautique, le spatial pèse toujours plus : « Un tiers des emplois français de la filière sont situés ici », alors que Toulouse a été choisie pour devenir le siège du futur géant mondial qui naîtra de la fusion des activités satellites d’Airbus, Thalès et Leonardo.

La grande force de Toulouse, c’est qu’on a toute la chaîne qui va avec : l’outil pédagogique, les grandes écoles, les laboratoires de recherche… Mais aussi le B612, que nous avons créé et qui est plein. C’est un appui majeur pour des dizaines de startups et PME, ainsi que des entreprises du new space.

Jean-Luc Moudenc 

Entre l’Envol des Pionniers, inauguré en 2018 et qui a accueilli 49 000 visiteurs en 2025, et le Musée Aeroscopia, qui affiche 200 000 entrées par an et va se transformer en Cité de l’aéronautique, Toulouse « développe les outils culturels qui racontent cette histoire ».

Vidéos : en ce moment sur ActuLe candidat Moudenc veut « soutenir la défense spatiale »

D’après Jean-Luc Moudenc, la Ville rose doit s’affirmer davantage comme capitale de la défense spatiale, un domaine qui fourmille de « perspectives » et dans lequel « soit on est facilitateur, soit on est réticent ». Il a appelé à « ne pas louper » les opportunités en la matière.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

Dans le cadre du réarmement du pays, il y aura des projets : qu’il soit clair que nous serons candidats pour les accueillir, car notre ligne de conduite a toujours été d’être facilitateurs, c’est la vocation de la Métropole.

Jean-Luc Moudenc

Le sortant a rappelé que les derniers mois avaient été particulièrement riches avec l’arrivée à l’automne 2025 du « siège du Commandement de l’espace qui s’est installé à Toulouse » et du « nouveau Centre d’excellence de l’Otan dans le domaine du spatial », qui a ouvert juste à côté, au même moment, alors que « des travaux de parlementaires insoumis réclament sa fermeture », a-t-il fustigé.

Après Airbus, permettre à Safran de grandir

Si la loi ZAN (Zéro artificialisation nette) bride les possibilités des collectivités en matière d’urbanisme, Jean-Luc Moudenc entend « se battre pour être aux côtés des entreprises » qui souhaitent s’agrandir : « Nous l’avons fait pour Airbus afin qu’il puisse s’étendre de 18 hectares et cela a été une sacrée bataille ».

En matière de défense, il a indiqué avoir « décidé de répondre à une demande de Safran qui a besoin de s’étendre : si nous sommes élus, nous prendrons nos responsabilités pour qu’ils puissent s’agrandir », a affiché l’élu. D’ici à fin 2029, ce groupe prévoit de doubler ses capacités industrielles pour passer à 26 000 m² de surface de production. Par la même occasion, ses effectifs passeraient de 700 salariés à un millier.

Une occasion toute trouvée pour Jean-Luc Moudenc de dézinguer « la dangerosité de la volonté des deux François de mettre aux commandes de la Métropole » Régis Godec, d’autant que « le PDG de Safran a dit qu’il n’était plus possible d’investir dans une ville détenue par les écologistes ».

Soutenir l’expansion du campus de Francazal

« Nous sommes pro-avion, nous le revendiquons. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes pro-kérosène », a tonné Jean-Luc Moudenc, qui a insisté sur son souhait de soutenir « l’investissement pour l’avion propre », notamment sur le campus de Francazal, qui compte « déjà 2 000 emplois autour des mobilités décarbonées. L’idée c’est d’avoir ici un champ de recherche sur cette thématique ». Dans la même veine, il a réitéré son soutien à Aura Aéro et son « grand projet d’usine que nous avons l’intention d’accueillir à cet endroit, pour construire le premier avion 100 % électrique ».

Situer Toulouse sur « la carte internationale de la santé »

Si l’industrie aéronautique « fait notre fierté », « accentuer la diversification » de l’économie est aussi une priorité du candidat Moudenc. Son ambition ? Que l’on puisse « situer aussi Toulouse sur la carte nationale et internationale de la santé ». Autour de l’Oncopole, où « il y a déjà pas moins de 6 000 emplois dans ce domaine », il veut profiter de « l’immensité du foncier disponible (plus de 200 hectares) » pour « aller plus loin ».

Il a notamment affiché son soutien à plusieurs dossiers en cours, comme « l’extension du centre de recherche en cancérologie » et « le projet d’installation d’Ipsophène », la fameuse usine de paracétamol « que tout le monde ne soutient pas : le foncier est identifié et nous ferons tout pour être facilitateurs ».

Dans un autre registre, il veut que le quartier du Grand Matabiau, qui « doit permettre l’accueil de 3 000 logements », incarne aussi une « nouvelle ambition économique » de Toulouse, et devienne le fief des innovations en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle.

Un « campus de l’événementiel » autour du MEETT…

Parmi les idées mises sur la table ce jeudi, Jean-Luc Moudenc a également annoncé sa volonté de « développer un campus de l’événementiel » autour du nouveau parc des expositions. Dans cette optique, l’édile veut geler une trentaine d’hectares aux alentours, pour « y permettre l’accueil d’entreprises en lien avec l’activité du MEETT, à commencer par un hôtel ».

Il a au passage rappelé « le succès » de ce site ouvert en 2020 : « Le nombre d’événements a doublé en 2025 par rapport à 2019, dernière année pleine sur l’ancien parc des expos. Toulouse est passée du 7e rang national au 3e pour la capacité d’accueil des congrès, car beaucoup ne venaient pas, faute d’installations suffisantes ».

L’idée des deux François est donc de confier la présidence de la Métropole à Régis Godec. Mais tout cela n’aurait pas eu lieu si celui-ci avait commandé les choix de la Métropole, car son CV parle pour lui : les écologistes, et M. Godec en premier, avaient voté contre.

Jean-Luc Moudenc

… et un « campus du Bien-Manger » autour du MIN

Autre site que le maire sortant de Toulouse propose d’étendre : le MIN. Situé avenue des États-Unis, le Marché d’intérêt national est « le 2e de France, derrière Rungis ». Selon les dires du locataire du Capitole, c’est un établissement « qui marche, alors on va l’étendre ».

Le MIN accueille à ce jour 628 entreprises. L’idée, c’est de créer un campus du Bien Manger autour, pour que d’autres entreprises puissent venir. Si nous sommes élus, nous discuterons avec les titulaires de la Délégation de service public afin de définir leurs besoins.

Jean-Luc Moudenc

Avec l’arrivée de la ligne C du métro, ce quartier va connaître « un nouveau développement urbain ». Afin d’articuler « le volet habitat et le volet économique », il propose, « outre les projets de logements » déjà prévus, de « sanctuariser du foncier pour l’économie autour du MIN », ce qui nécessitera une « procédure d’actualisation du PLUIH », le nouveau plan d’urbanisme récemment adopté.

Boîtier d’alerte, grand conseil économique et cryptomonnaies

Outre ces idées fortes, le candidat a également fait part de trois autres propositions phares pour soutenir l’économie. D’abord, « créer un groupement d’achat pour que les commerçants puissent se doter d’un boîtier d’alerte permettant d’appeler la police municipale », afin de davantage les sécuriser, car « beaucoup de petits commerces sont en proie à des incivilités ».

Autre enjeu évoqué : « Créer un grand conseil économique de Toulouse Métropole », qui réunisse des représentants du secteur, afin « d’amener leur expertise » à la collectivité. « C’est un organe qui pourra soit s’autosaisir, soit être saisi par le président de la Métropole », a précisé Jean-Luc Moudenc.

Enfin, le premier magistrat a évoqué « la généralisation du paiement en cryptomonnaies auprès des commerçants et des services municipaux », afin que « Toulouse soit la première ville de France » où cela soit possible.

« Quand on vit dans une ville dont le fonds de commerce est de vendre des avions… »

La liste Moudenc s’est dite soucieuse des petits commerçants qui « passent toujours au second plan pour la gauche », déplore Julie Servat, restauratrice. « On est les seuls qui proposent un développement économique », résume Michel Lacroix, pour qui la municipalité doit s’assurer « la confiance des entreprises ». Selon le frère du président du Stade Toulousain, « il y a deux visions possibles pour Toulouse : soit la protéger, soit revenir à une ville qui se contracte, qui ne soutient plus l’industrie ni le tourisme, pour des raisons idéologiques ».

« Je ne suis pas du domaine de l’aéronautique, mais à Toulouse, on en vit tous », a-t-il soutenu. « Sans elle, on n’aurait pas tant d’activité dans la vie commerciale ». Michel Lacroix a ensuite étrillé « la vision passéiste » de la gauche radicale, qui est « contre la LGV, l’A69 », et pour « limiter le transport aérien ».

François Piquemal veut planifier la décroissance du trafic aérien, quand on vit dans une ville dont le fond de commerce est de vendre des avions, cela pose un problème de cohérence.

Michel Lacroix
Colistier (n°15) de la liste Protégeons l’Avenir avec Jean-Luc Moudenc

« On ne sait absolument pas ce qu’ils feront pour être d’accord «, a embrayé celui qui fut n°2 de Nadia Pellefigue (PS) en 2020, évoquant la fusion supposée « de François Briançon, François Piquemal et Régis Godec » au second tour : » Qu’est-ce qu’ils vont faire sur l’aide à Airbus, sur le soutien à l’aéronautique, sur le maintien de l’emploi à Toulouse ? ».

« La réussite toulousaine, soit on veut la continuer, soit on la compromet en votant pour les deux François. Nous sommes la seule liste pro-entreprise, pro-aéronautique assumée, pro-industrialisation et pro-emploi », a conclu Jean-Luc Moudenc, avant d’assurer : « Une majorité de Toulousains ne voudra pas déconstruire les succès de Toulouse ».

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.