Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de crise du secteur du prêt-à-porter, fragilisé depuis plusieurs années par l’essor du e-commerce, la baisse de fréquentation des centres-villes et l’évolution des habitudes de consommation. Après les fermetures successives de Camaïeu, Kookaï, Minelli ou encore Esprit, c’est au tour de C&A de quitter le cœur de la cité des Ducs.
Une fermeture annoncée, mais toujours douloureuse
Si la nouvelle attriste de nombreux habitués, elle n’est pas totalement une surprise. « Au niveau national, le prêt-à-porter est en grande difficulté depuis des années », rappelle Gildas Salaün, adjoint au commerce à la Ville de Nantes. En juillet dernier, la direction nationale de C&A avait déjà annoncé, à l’issue d’un comité social et économique central extraordinaire, la fermeture de 24 magasins en France d’ici 2026, dont celui de Nantes. La municipalité nantaise a tenu à exprimer son soutien aux salariés concernés par cette fermeture. Derrière les vitrines qui s’éteignent, ce sont avant tout des emplois et des parcours professionnels qui sont impactés, un sujet particulièrement sensible dans un centre-ville déjà fragilisé par plusieurs départs d’enseignes majeures.

Un bâtiment historique au cœur d’un nouveau projet
Cette fermeture ne signe pas pour autant l’abandon du site. Bien au contraire. Les locaux de C&A occupent un emplacement stratégique, dans l’ancien marché de Feltre, un bâtiment chargé d’histoire et situé à la jonction entre la rue de l’Arche-Sèche et la place Bretagne. Selon Gildas Salaün, un nouveau projet est actuellement en cours de conception. L’objectif : ouvrir davantage le bâtiment sur la ville et redonner à cet espace un rôle central dans la vie nantaise. Plusieurs activités et services pourraient y voir le jour, avec la volonté de recréer du flux et de renforcer le lien entre la « ville basse » et la « ville haute ».
Les commerçants associés à la réflexion
Les associations de commerçants du secteur ne seront pas mises de côté. Elles doivent être reçues prochainement par Nantes Métropole afin de donner leur avis et participer à la réflexion sur le devenir de ce bâtiment emblématique. Une concertation jugée essentielle pour répondre aux attentes du tissu commercial local et des habitants.