Les livres ont voyagé presque aussi vite que les clients sont revenus : en quelques heures à “Kléber Éphémère” les usagers ont repris leurs marques au milieu des derniers best-sellers et prix littéraires. Dans son emplacement provisoire du 30, rue du Vingt-Deux-Novembre, la libraire Kléber a rouvert ses portes après quinze jours de fermeture dédiés à un inventaire puis au déménagement. Pour cette première journée hors les murs, ceux qui fuyaient les rayonnages parfois jugés exigus ont pu découvrir ce jeudi 15 janvier des rayonnages espacés, une déambulation facilitée sous une luminosité remarquable. La librairie en a profité pour revoir la réorganisation de ses 190 000 ouvrages disponibles en rayons. « Ils sont tous là ! », souffle Mathilde Guiraud, directrice de la librairie, refermant le chapitre d’un déménagement marathon de cinq jours, entamé sans rature le 6 janvier. Le 13 au soir, la commission de sécurité a donné son feu vert à l’ouverture.

Après la salve des livraisons matinales (entre 1 et 3 tonnes d’ouvrages livrés chaque jour !), Kléber Éphémère a ouvert à ses premiers clients qui attendaient devant les rideaux à 9 heures tapantes. « Ce matin on s’est retrouvé pendant 15 minutes avec les équipes (49 salariés au total, ndlr) au pied de l’escalier avant d’ouvrir, je leur ai dit voilà cette librairie ne nous appartient plus, elle est maintenant aux Strasbourgeois et aux lecteurs. Maintenant on retrouve notre rythme habituel », raconte Mathilde Guiraud, la directrice de l’établissement. Les dix premiers d’entre eux ont eu la chance d‘être récompensés par un tote-bag garni de cadeaux, accueillis sous une haie d’honneur des salariés.

Une organisation qui préfigure la librairie rénovée

Sur une surface similaire à l’emplacement d’origine, d’environ 1 300 m2 , ils ont été parmi les premiers à découvrir un large rez-de-chaussée consacré à toutes les littératures, complétées, et c’est nouveau, par les ouvrages SF et Fantasy. La section BD-Jeunesse et scolaires gagne désormais le second et dernier étage. Quant au premier étage, il accueille la thématique société-histoire-vie pratique-alsatique ainsi que le retrait des commandes en ligne (le site de la librairie a lui aussi rouvert ses portes numériques par la même occasion). C’est à cet étage également qu’auront lieu les rencontres avec les écrivains dans l’espace “Pic Pic” garni de larges canapés. Même si la première avec Augustin Trapenard , « le parrain des libraires », sourit Mathilde Guiraud, aura lieu au cinéma Cosmos vendredi (complet). « Cette réorganisation reflète ce que sera la librairie Kléber à terme quand nous regagnerons nos locaux historiques », précise la directrice des lieux.

Les plus attentifs remarqueront qu’une partie du mobilier de la librairie a fait le voyage : 110 tables-présentoirs garnissent les allées. « 220 bibliothèques ont été confectionnées spécialement à partir de bois de récupération », ajoute-t-elle. Toutes déjà bien garnies. « En janvier, il y a aussi une rentrée littéraire, moins connue que celle de septembre », explique Alexis Scheppler devant la tête de gondole où les couvertures des derniers Pierre Lemaître, Delphine de Vigan et Bégaudeau se disputent le meilleur emplacement.

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Les usagers bénéficient d’ascenseurs qui distribuent chaque étage, ce qui ne déplaît pas à Samuel Redelsperger, écrivain trentenaire strasbourgeois, qui se déplace en fauteuil roulant : « Je viens régulièrement pour effectuer des recherches pour alimenter mon travail d’écriture. Dans l’ancien local c’était exigu, même si j’arrivais à passer. Là j’apprécie l’espace, même si je trouve qu’ils ont réussi à conserver le côté “intime” de l’ancienne librairie ».

Un peu étage plus bas, un vendeur d’une librairie concurrente passe prendre connaissance de la nouvelle implantation : « C’est top ! », s’exclame-t-il. Mais pour Charles et Frédéric, des habitués qui engloutissent entre 15 et 20 livres par mois, découvrir les nouveaux locaux n’est pas le plus important : « Ce qui compte surtout, c’est ce qu’il y a dans les rayons », sourit le couple de lecteurs.